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Seuls 11,7% des élus dans les grandes villes flamandes sont issus de l'immigration : "La diversité ne se reflète pas aux conseils communaux"

Les personnalités politiques qui sont issues de l’immigration sont sous-représentées parmi les candidats qui viennent d’être élus aux élections communales du 13 octobre. C’est certainement le cas dans les 13 plus grandes villes de Flandre, comme l’indique une étude du groupe de recherche GASPAR de l’Université de Gand. Bien qu’un tiers des Flamands qui résident dans ces villes aient une origine étrangère, seuls 11,7% des élus y présentent un profil lié à l’immigration. "La diversité de notre société n’est pas représentée au sein des conseils communaux", en conclut la chercheuse Robin Devroe.

Anne François
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Quelque 15,5% des candidats qui se présentaient aux élections communales dans les 13 principales villes de Flandre (les "centrumsteden") sont issus de l’immigration. C’est davantage qu’au scrutin local précédent, en 2018, où cette proportion était de 14,3%. C’est avant tout dans les plus petites de ces 13 villes que le pourcentage de candidats d’origine étrangère a augmenté.

Robin Devroe (Université de Gand) constate par contre que le pourcentage de "nouveaux Flamands" qui se présentent aux communales stagne dans des villes comme Anvers et Gand. "Après des années d’augmentation du nombre de candidats aux origines étrangères on semble avoir atteint une sorte de plateau" constate la chercheuse.

Alors que 34,4% des citoyens qui résident dans les 13 principales villes de Flandre ont des racines étrangères, seuls 11,7% des élus sont issus de l’immigration. C’est encore un peu moins que les 12,4% élus en 2018. "Ils sont donc nettement sous-représentés", indique Devroe.

Le pourcentage des élus issus de l’immigration a diminué dans toutes les plus grandes villes de Flandre, à l’exception de Louvain, Saint-Nicolas, Hasselt et Bruges. “Notre population est de plus en plus diversifiée, mais cette diversité ne se reflète pas sur les listes électorales et certainement pas au sein des conseils communaux nouvellement constitués dans les principales villes de Flandre. Ces conseils sont formés en majorité de blancs qui n’ont pas de racines étrangères", précise Robin Devroe.

Les échevins et leur bourgmestre Mohamed Ridouani à Louvain (Brabant flamand)

La suppression de l’obligation de vote en cause ?

La chercheuse gantoise juge difficile de donner une explication au pourcentage en baisse d’élus d’origine étrangère. "Mais nous supposons que la suppression de l’obligation de vote est l’une des explications possibles. Des études internationales indiquent en effet que certains groupes d’électeurs ne sont pas enclins à aller voter s’ils n’y sont plus obligés. Les électeurs d’origine étrangère seraient parmi ceux-ci".

D’après Devroe, les listes communes et cartels de partis ont conduit à ce que peu de candidats issus de l’immigration se retrouvent sur les listes et soient élus. "S’il y a moins de listes, elles sont aussi moins diversifiées et le choix est également limité".

Pour redonner à la population confiance dans la politique, ces résultats ne sont pas brillants, estime en outre Robin Devroe. "Les recherches nous indiquent que la présence sur les listes de candidats qui ont un profil assez semblable donne davantage confiance aux citoyens dans la politique. Les modèles jouent un rôle important”.

“Le fait que l’on ne parvienne pas suffisamment à refléter la diversité de notre société au sein des partis politiques et des conseils communaux pourrait avoir des conséquences néfastes sur la façon dont les citoyens issus de l’immigration s’identifient, ou pas, avec notre système politique", concluait Robin Devroe (UGent).

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