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Dans une trentaine de communes flamandes le plus grand parti n'est pas parvenu à former une coalition

Le droit d'initiative, qui permet à la liste arrivée première aux élections communales en Flandre de prendre la main pour négocier un accord de majorité, est passé ce mardi à la liste arrivée deuxième dans une trentaine de communes. Le parti gagnant des communales n’y est en effet pas parvenu à former une coalition endéans deux semaines (depuis le 14 octobre), comme le stipule le nouveau décret de l’été 2021 réformant les élections locales. La main passe donc à la seconde liste dans 36 communes flamandes et bruxelloises (dans ces dernières, le droit d’initiative n’est cependant pas réglementé).           

Anne François Belga
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C'est une nouveauté du scrutin communal en Flandre: un droit d'initiative a été instauré. Il revient à la liste ayant obtenu le plus de voix. Cette liste peut, pendant 15 jours, tenter de constituer un accord de majorité avec d'autres listes, si elle-même n'a pas décroché la majorité absolue. En cas d'échec, le droit d'initiative passe à la liste arrivée deuxième, au terme de ces deux semaines.

La Flandre compte 300 villes et communes. Lundi en début de soirée, 28 n'avaient pas encore annoncé d'accord de majorité. Anvers, Gand, Courtrai et Saint-Nicolas sont les plus grandes villes dans ce cas. Dans la métropole anversoise dirigée par Bart De Wever (N-VA), ce dernier négocie exclusivement avec Vooruit. La main passe en théorie au PTB (PVDA), mais son chef de file Jos D'Haese a déjà fait savoir qu'il y renonçait. L'initiative revient ainsi à Vooruit, arrivé troisième aux élections. Les négociations avec la N-VA peuvent dès lors se poursuivre.

A Gand, un rebondissement a eu lieu dimanche soir, quand Vooruit a rejeté le projet de coalition avec la N-VA et Voor Gent, la liste du bourgmestre sortant Mathias De Clercq (Open VLD). La main passe aux écologistes de Groen.

A Courtrai et à Saint-Nicolas, pas de fumée blanche en vue. Ruth Vandenberghe, chef de file d'une liste associant libéraux et chrétiens-démocrates, ne voulait que la N-VA, mais les nationalistes flamands veulent y ajouter Vooruit. La main passe ce mardi à la N-VA. C'est ce parti aussi qui négocie exclusivement avec Vooruit à Saint-Nicolas, mais les pourparlers avancent difficilement.

Dans certaines communes, comme à Boom ou à Brecht, c'est le Vlaams Belang qui hérite du droit d'initiative ce mardi. Mais d'autres listes sont déjà en négociations sans lui. Vu leur refus de briser le cordon sanitaire, il faut s'attendre à quinze jours d'immobilisme. A Iseghem, le cordon sanitaire était sur le point d'être rompu par la liste STIP+, mais cette dernière a fait machine arrière ce lundi, arguant de menaces contre ses membres. La main passe à la N-VA.

A Denderleeuw, le Vlaams Belang - arrivé premier - n’est pas parvenu à convaincre la N-VA de faire une coalition. A Ninove, l'autre commune flamande où le parti d'extrême droite est arrivé premier, il y a conquis une majorité absolue, ce qui l'exonère de faire une coalition. Le cordon sanitaire a en revanche été rompu à Ranst, où une liste locale a décidé de s'allier au VB.

Découvrez ci-dessous qui devient bourgmestre dans les communes de Flandre et de Bruxelles. 

L’écharpe échappe au gagnant dans certaines communes

Le droit à l’initiative n’est pas une garantie pour obtenir l’écharpe maïorale, comme le prouve la situation dans la commune de Zottegem. Vooruit y a gagné les élections et sa tête de liste Kurt De Loor a empoché le plus de voix de préférence. Mais ni la N-VA ni le CD&V ne veulent former une majorité avec les socialistes. Et les autres partis restants sont trop petits que pour atteindre une majorité avec Vooruit. De Loor affirme que la N-VA, avec sa tête de liste Matthias Diependaele (nouveau ministre-président flamand), a passé un pré-accord avec le CD&V et la liste libérale Positief !

A Dilbeek, le plus grand parti Denk Dilbeek ne parviendra probablement pas non plus au pouvoir. A Diest, le DDS et la N-VA devraient mettre l’actuel bourgmestre et champion des voix de préférence hors-jeu. Un scénario identique se produit à Tielt, Oosterzele et Blankenberge.

La mlaison communale de Zottegem

Des résultats peu clairs par endroits

Dans plus de 40% des communes, la plus grande liste a atteint la majorité absolue. Il faut remonter aux élections communales de 1994 pour voir un pourcentage aussi élevé de majorités absolues.

Mais dans certaines communes le résultat n’est pas aussi clair. Ainsi à Diepenbeek, seule commune limbourgeoise qui n’a pas encore de nouvelle coalition, le parti local PUUR+ et la N-VA/CD&V ont chacun obtenu 12 sièges, soit juste trop peu pour former une coalition. Groen a obtenu un siège et déterminera donc quel parti obtiendra cette majorité. La décision incombe au parti le plus faible.

Dans d’autres communes, l’absence d’accord est dû à un problème spécifique. A Willebroek, le bourgmestre sortant Eddy Bevers (N-VA) veut poursuivre avec le parti Iedereen 2830, mais exige que Karim Hassoun ne siège pas comme député communal. Ce dernier a pourtant obtenu beaucoup de voix de préférence. La N-VA estime cependant qu’il "offense et polarise" avec ses messages postés sur les réseaux sociaux au sujet du conflit sanglant à Gaza. Iedereen 2830 refuse de se plier aux exigences de la N-VA. La seule solution pour en sortir est qu’un des deux partis forme une coalition avec le Vlaams Belang.

La maison communale de Diepenbeek

Coalition in extremis à Meise

La commune brabançonne flamande de Meise est parvenue à un accord de coalition peu avant minuit. Le collège actuel composé des nationalistes flamands de la N-VA et de la liste LB+ sera aussi assorti de la liste chrétienne démocrate CD&V+ pour les six prochaines années. La bourgmestre Gerda Van den Brande (N-VA) conserve son écharpe mayorale.

La N-VA est ressortie gagnante des élections communales à Meise avec 28,1% des voix, lui permettant d'accéder à neuf sièges, soit trois de plus qu'en 2018. Son partenaire de coalition LB+, soit la "liste pour les citoyens", détient huit sièges. Les deux partis pouvaient déjà former une majorité, mais ont décidé de s'engager avec CD&V plus, qui dispose de trois sièges. Ils détiennent ensemble une majorité confortable de 20 sièges sur 27.

Gerda Van den Brande reste bourgmestre à Meise

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