Le fait que le Vlaams Belang participe à des majorités à Ranst ou Izegem est, par deux fois, "le résultat d'une banale politique de village", estime le politologue de la VUB Dave Sinardet. Les conséquences potentielles de cette participation de l'extrême-droite au pouvoir local ne sont toutefois pas négligeables, prévient-il. "La rupture d'une digue, c'est un grand mot, mais plus cela se produira, plus ce type d'accord (avec l'extrême-droite) deviendra banal."
Pour Dave Sinardet , "la réticence à gouverner avec le Vlaams Belang s'effrite en Flandre"
Samedi, la liste indépendante Stip+ a officialisé un accord de majorité avec le Vlaams Belang. C'est la deuxième fois que le cordon sanitaire, pratique politique appliquée depuis plus de 30 ans et qui exclut l'extrême-droite de toute majorité, est rompu, après Ranst, en province d'Anvers. Le Vlaams Belang est également au pouvoir à l'échelon local à Ninove, où il a remporté la majorité absolue.
Le politologue Dave Sinardet ne s'attendait pas à ce que le cordon sanitaire soit rompu dans deux communes. Il voit toutefois dans ces accords deux situations similaires. La participation au pouvoir du Vlaams Belang à Ranst et Izegem est "le résultat d'une banale politique de village", dit-il. "Il s'agit de personnes qui ne s'entendent pas, combiné à l'ambition personnelle de devenir bourgmestre ou échevin. Les personnes intéressées font dès lors appel au Vlaams Belang. Le cordon sanitaire n'a pas été rompu pour respecter le signal de l'électeur, mais simplement pour atteindre une majorité".
Les conséquences de cette "politique de village" ne sont toutefois pas négligeables, prévient Dave Sinardet. "La réticence à gouverner avec le Vlaams Belang s'effrite", estime-t-il.
"Le Vlaams Belang pourrait entrer dans d'autres coalitions locales"
Le politologue n'exclut pas que le parti d'extrême-droite puisse entrer dans d'autres coalitions locales en Flandre, surtout maintenant que le droit d'initiative dans les communes où aucun accord de majorité n'a été conclu est transféré du premier au deuxième plus grand parti. Le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken a d'ailleurs indiqué samedi que son parti négocie encore "dans quelques communes".
Le Vlaams Belang aura-t-il toutefois beaucoup d'influence sur la politique locale ? Cela reste à voir, selon Dave Sinardet. Tant à Ranst qu'Iseghem, le parti d'extrême-droite n'est pas le plus grand parti de la majorité et devra se contenter d'un à deux échevins. "Dans tous les cas, il y aura dans les années à venir un focus sur les communes où le Vlaams Belang est au pouvoir. Je soupçonne que les échevins recevront souvent des appels de Tom Van Grieken, car il voudra pouvoir démontrer dans quelques années qu'il y a effectivement eu du changement avec le Vlaams Belang".
Pas "d'agenda nationaliste" dans la charte signée par Stip+ et le Vlaams Belang à Izegem
À l'occasion de leur coalition pour former une majorité à la tête d'Izegem (Flandre occidentale), la liste indépendante Stip+ et le Vlaams Belang ont signé samedi une charte éthique. Celle-ci parle principalement d'inclusivité, de transparence et d'honnêteté. Le texte affirme par ailleurs qu'il n'y a pas de place pour un "agenda nationaliste".
Une centaine de personnes manifestent contre la coalition avec le Vlaams Belang
Une centaine de personnes ont manifesté à Izegem, samedi en début d'après-midi, contre la coalition formée par la liste Stip+ avec le parti d'extrême-droite Vlaams Belang. "Pas notre collège !", ont-ils scandé dans la Kruisstraat, dans le centre de la cité de Flandre occidentale. Le futur bourgmestre Kurt Grymonprez s'est brièvement entretenu avec les manifestants.
"Je n'accorderai jamais le bénéfice du doute au Vlaams Belang", a déclaré une manifestante.

