Les plantes grimpantes comme le lierre ou la vigne peuvent jouer un rôle important dans la préservation du patrimoine historique de l'usure due à la pluie et au vent. Telle est la conclusion d'une étude de doctorat réalisée par la chercheuse Marie De Groeve de l'Université d'Anvers. Pendant un an, elle a étudié la température, l’humidité et la lumière du soleil sur les façades couvertes de végétation du palais urbain Hof Van Liere, tout en les comparant avec les façades dénuées de plantes.
Les plantes grimpantes protègent de la pluie et la chaleur les façades du palais anversois Hof Van Liere
La doctorante en études patrimoniales avait été intriguée par le fait que des plantes grimpantes poussent depuis plus de 50 ans sur certaines façades du palais urbain, sans que cela n’occasionne de dommages à ces façades. Elle a donc mené une étude rigoureuse et notamment observé le climat local à proximité des façades, particulièrement végétalisées, de la cour intérieure du bâtiment Hof Van Liere, qui fait partie du campus de l'Université anversoise. Pour ce faire, elle a fixé des appareils de mesure sur les murs ouest, est et sud du palais, afin de relever différents paramètres.
"Pendant un an, j'ai enregistré la température de l'air et de la surface, l'humidité relative et la quantité de pluie, d'humidité et de soleil sur les façades", expliquait Marie De Groeve (UEntwerpen). "J'ai également placé des appareils de mesure sur des parties non végétalisées de la façade afin de pouvoir déterminer avec précision l'influence de la végétation sur toutes les variables".
Les résultats de l'étude montrent que la végétation "crée un microclimat doux et protège les murs des précipitations". Par ailleurs, les plantes tapissant un mur font office d'écran végétal, ce qui empêche la façade d'être directement exposée au soleil et d'emmagasiner la chaleur.
La végétation dense sur les murs du Hof Van Liere permet ainsi de retenir 90% du rayonnement solaire. En plus d'atténuer les fortes variations de température, la verdure protège de la pluie et de la pollution de l'air.
Devrions-nous faire pousser des plantes sur toutes nos façades ?
"Cela dépend de l’état de ces façades", répondait Marie De Groeve. "Ces plantes poussent volontiers à l’ombre. Donc si une façade est déjà endommagée par endroits, les plantes auront tendance à aller se loger dans les fissures. Ce qui continuera à détruire la façade".
La chercheuse anversoise encourage par contre à végétaliser davantage les façades de notre patrimoine qui sont en bon état, afin de mieux les préserver.
