Cyberattaques, ingérence et autres actions malveillantes d'origine humaine (comme des hôpitaux et des réseaux d’électricité qui tomberaient en panne) constituent les risques les plus probables qui pourraient avoir le plus d'impact sur la Belgique, révèle une vaste analyse nationale des risques. Elle est publiée ce lundi par le Centre de crise national (NCCN) pour la période 2023-2026. Ce dernier met particulièrement en garde contre la désinformation perturbatrice et les fausses nouvelles (fake news), mais aussi à plus long terme contre les dangers provenant du réchauffement climatique.
Le Centre de crise met en garde : "Le risque de sabotages, fake news et cyberattaques augmente"
Selon ce rapport, les risques dits "man-made" (occasionnés par l’homme) ont un impact élevé et une probabilité relativement forte de survenir. Il s'agit, par exemple, des acteurs hybrides (un groupe terroriste ou une organisation criminelle), des opérations d'information telles que la désinformation, de l'ingérence étrangère, de l'espionnage et des conflits armés internationaux. Ces risques ne sont par ailleurs "pas directement liés à des attaques, mais plutôt à des tensions géopolitiques et à des stratégies d'influence", estiment les experts.
En matière d'opération d'information par exemple, les campagnes de désinformation, qui seraient parrainées depuis l'extérieur via les médias sociaux, ont une probabilité "très élevée" de cibler la Belgique, selon l'analyse. Ces opérations, qui pourraient s'étendre sur plusieurs mois, sont susceptibles "d'avoir des conséquences immédiates et créer la panique".
Elles peuvent aussi conduire à ce qu'une plus grande partie de la population s'abstienne de tout esprit critique, met en garde le NCCN. Les opérations d'ingérence et d'espionnage peuvent quant à elles entraîner des conséquences néfastes: érosion de la confiance dans la démocratie, polarisation de la société et perte d'influence au sein de l'Union européenne et de l'OTAN.
La position stratégique de la Belgique comme siège d'institutions internationales la rend particulièrement vulnérable, les effets d'une ingérence pouvant "dépasser les intérêts belges et affecter la communauté internationale".
Cyberattaques sophistiquées
Sur le plan numérique, le rapport pointe l'éventail grandissant des menaces. "Dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, les cyber-risques sont devenus omniprésents et de plus en plus sophistiqués. Qu'il s'agisse de violations de données, d'attaques par ransomware ou d'espionnage parrainé par un État, les dangers du cyberespace sont multiples et d'une grande portée", expliquent les auteurs.
Le Centre de crise met particulièrement en garde contre des attaques qui paralyseraient des administrations publiques (ce qui empêcherait le paiement des pensions ou l’octroi de permis) ou qui entraineraient le vol ou la fuite des données technologiques, financières ou médicales sensibles.
Le NCCN rappelle que les acteurs critiques - comme les banques, les hôpitaux, la défense ou la justice - sont obligés de s’armer contre des cyberattaques et doivent en faire compte-rendu. Dans l’éventualité d’une attaque sur une infrastructure vitale, il y a aussi des risques de dégâts matériels. Comme par exemple lorsque le réseau d’approvisionnement de gaz est touché ou des entreprises qui dépendent d’un approvisionnement en gaz.
L’analyse du risque menée par le Centre de crise sert aussi de ligne directrice aux différentes autorités et secteurs d’entreprises, afin qu’ils élaborent des plans d’urgence préventifs. Ils pourront ainsi limiter les dégâts ou l’impact d’une situation de crise.
Les changements climatiques apportent leur lot de dangers
Pour la première fois, le Centre de crise a demandé aux experts avec lesquels il collabore de faire des projections à longue échéance, jusqu’en 2050. Il en ressort que les dangers prévisibles pour dans 25 ans sont avant tout liés au changement climatique. La montée du niveau de la mer entrainera des risques d’érosion ou de modification du littoral.
Les changements climatiques amèneront aussi des espèces "invasives" dans nos contrées, comme le moustique tigre ou la renouée du Japon. Elles représentent un danger pour notre agriculture, nos animaux et les humains. Vers 2050, le risque de rupture des digues aura également amplifié, en raison de pluies plus intenses, de la montée du niveau de la mer et d’un entretien parfois insuffisant des digues.
