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Le formateur De Wever (centre) et le président des socialistes flamands Conner Rousseau (à dr.)

Vooruit exige une nouvelle note socio-économique du formateur De Wever pour continuer à négocier

Le parti socialiste Vooruit ne veut plus "perdre de temps avec des sous-textes" et ne veut dès lors plus négocier sur la formation d’un nouveau gouvernement fédéral tant que le formateur Bart De Wever (N-VA) n'aura pas mis sur la table une nouvelle note socio-économique et un tableau budgétaire à négocier. C’est ce qu’ont fait savoir les socialistes flamands jeudi soir dans un communiqué. Le président Conner Rousseau craint que les négociations actuelles "nous éloignent d’un équilibre honnête" du point de vue économique. Les autres partis impliqués dans les négociations estiment que celles-ci doivent se poursuivre, pour ne pas perdre de temps. 

Anne François Belga
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Les présidents de la coalition Arizona (N-VA, Vooruit, CD&V, MR et Les Engagés) étaient réunis jeudi midi à la présidence de la Chambre autour du formateur Bart De Wever pour la deuxième fois depuis les élections communales du 13 octobre. À la N-VA et au CD&V, les négociateurs ont appelé à accélérer le tempo des négociations, mais peu de progrès semblent avoir été engrangés.

Du côté de Vooruit, on souhaite une nouvelle note socio-économique et un nouveau tableau budgétaire sur lesquels négocier. Selon les socialistes, la note rejetée l'été dernier est à nouveau sur la table et s'éloigne même "de plus en plus d'un juste équilibre". "Vooruit est prêt à prendre des décisions difficiles et à les expliquer. À condition que les efforts soient justifiés et que les charges soient équitablement réparties. Malheureusement, après des mois de négociations, ce n'est toujours pas le cas", indiquent les socialistes.

"Toute l'énergie doit à présent se concentrer sur le cadre budgétaire dans lequel les négociations peuvent se mener. C'est la seule façon de parvenir à former un nouveau gouvernement", explicitait Conner Rousseau.

Conner Rousseau

"Il ne faut pas sous-estimer l'incident, nous sommes entrés dans une phase cruciale", déclarait jeudi un des négociateurs. Depuis la remise en selle du formateur De Wever début septembre, les discussions se sont déroulées dans des groupes de travail thématiques (mobilité, climat, énergie, affaires étrangères, défense, sécurité, immigration, notamment) qui sont arrivés au bout de ce qu'ils pouvaient faire. Il revient maintenant aux présidents de parti de trancher les points de différend qui subsistent.

Le cœur de la négociation demeure le socio-économique, en particulier la fiscalité, l'emploi et les pensions, articulés au budget. C'est dans ce cadre que la Belgique devra présenter des réformes structurelles à l'Europe, afin de résorber son déficit et réduire sa dette, et bénéficier d'une trajectoire d'assainissement de sept ans plutôt que quatre.

Le 22 août, la première phase des discussions avait déjà achoppé sur cette "super note" socio-économique. À cette époque, la taxation des plus-values avait cristallisé les tensions entre le MR et Vooruit.

Les Engagés et MR veulent continuer à négocier

Les deux partis francophones de la future coalition Arizone ont fait savoir ce vendredi, en réaction à la requête du Vooruit, qu'ils veulent poursuivre les négociations en vue de former un gouvernement fédéral et ne plus perdre de temps. "La super note socio-économique n'est toujours pas équilibrée à notre égard. Les Engagés restent insatisfaits de celle-ci mais on a la possibilité de travailler sur une nouvelle mouture. Rien n'empêche de travailler en parallèle sur le socio-économique et sur les autres notes thématiques pour perdre le moins de temps possible", a expliqué le président des centristes, Maxime Prévot, à la RTBF.

Le MR se montrait sévère à l'égard des socialistes flamands. "Je trouve cela assez regrettable. Il faut arrêter la comédie: vouloir des notes préalables qui soient déjà parfaites, alors on ne négociera jamais. Dans cette note socio-économique, il a aussi plein de choses qui ne me conviennent pas", a fait remarquer le président Georges-Louis Bouchez.

Au CD&V, l'on parlait d'une "occasion manquée". Les chrétiens-démocrates formulent comme leurs collègues de nombreuses remarques sur la note socio-économique mais estiment que le temps presse. "Il y avait un agenda de travail clair sur la table, y compris un accord pour venir avec une nouvelle version de la super note tenant compte des remarques de tous les partis. Le CD&V regrette que les négociations soient à nouveau ralenties. Le parti appelle chacun à revenir rapidement à la table des discussions".

Dans l'entourage du formateur, l'heure était à la discrétion. La façon dont les discussions allaient se poursuivre n'a pas encore été définie. Les échéances se rapprochent. Si la coalition Arizona veut mettre sur pied un gouvernement et faire voter un budget au Parlement avant la fin de l'année, elle ne peut plus perdre beaucoup de temps.

Le président des Engagés, Maxime Prévot (à g.), et celui du MR, Georges-Louis Bouchez

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