Aller au contenu principal
Mohammad (à g.) et Abdoul participent à l'arène linguistique

Arène linguistique : à Genk, des allophones pratiquent le néerlandais en rue

L’ancienne ville minière limbourgeoise de Genk a lancé une "Taalarena" - une ‘arène linguistique’ - qui permet aux personnes qui veulent apprendre le néerlandais de le pratiquer en rue plutôt qu’en classe, par exemple quand elles se rendent dans un magasin. Elles portent alors un badge qui permet aux commerçants de reconnaître facilement les participants à cette expérience et de s’adresser à eux en néerlandais uniquement.

Anne François
Publié:

Mohammad (25 ans) est originaire d’Afghanistan et réside depuis 4 ans en Belgique. Au moment du reportage de Radio 2, il se trouvait dans la boutique de cadeaux ‘Stip’ au Shopping 2 avec un badge à la veste portant cette phrase : "Wil je Nederlands met me praten ?". 'Peux-tu me parler en néerlandais ?' est une invitation aux commerçants de ne pas passer automatiquement à une autre langue lorsqu’ils sentent que leur interlocuteur ne maîtrise pas encore bien la langue de Vondel.

Mohammad veut acheter une tasse, mais n’en connait pas le prix. "Kan jou help mij", demande-t-il à la vendeuse dans un néerlandais encore incorrect. Elle lui répond de façon claire et simple. "Cette langue est difficile pour moi. Je veux la pratiquer davantage, pas seulement au cours mais aussi avec les habitants", expliquait Mohammad en néerlandais hésitant.

"Avec moi tu peux pratiquer le néerlandais", indique le badge de la Taalarena

Abdoul (23 ans) est arrivé il y a deux ans de Syrie en Belgique et estime qu’il est important qu’il puisse parler le néerlandais à Genk. "Je voudrais suivre une formation, mais mon néerlandais n’est pas encore assez bon. Cette méthode est bonne, parce qu’en classe je ne parle qu’avec le professeur. En rue, je peux m’exercer avec d’autres personnes".

Pour l’instant, il n’y a que 5 commerçants qui ont accepté de participer à l’expérience ‘Taalarena’ à Genk, mais la ville tente de convaincre encore davantage de commerçants et d’exploitants de cafés et restaurants de se joindre au projet. Inge Paesen est au comptoir de la boutique de cadeaux ‘Stip’. "Nous voyons au badge sur leur veste qu’ils font partie de la Taalarena. Nous savons alors qu’il faut parler plus lentement et plus clairement".

Les commerçants participent surtout pour aider les allophones à s’intégrer et maitriser la langue, pas vraiment pour faire des affaires.

Le centre commercial Shopping 2 à Genk

Genk, ville pilote de l’arène linguistique

'Taalarena' est un projet de la province du Limbourg, et Genk a été sollicitée comme ville pilote. "C’est une méthode qui vient de Scandinavie. Les néo-arrivants peuvent pratiquer le néerlandais dans des situations réelles", expliquait Anniek Nagels (CD&V). "Nous sommes allés à la recherche de commerçants et de gérants de cafés et restaurants qui voulaient bien participer".

"Il est essentiel que les personnes qui veulent habiter et travailler à Genk apprennent rapidement le néerlandais. Cela leur donne un réseau social et la possibilité de trouver un meilleur emploi. Dans tous les cas, il est toujours mieux de pouvoir se faire comprendre", concluait Anniek Nagels.

La maison communale de Genk

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5