Le taux de participation aux élections locales en Flandre semblait en net recul dimanche, conséquence de la récente suppression de l'obligation de vote au nord du pays. A Courtrai et à Genk, environ 40 % des électeurs ne se sont pas déplacés pour aller voter.
Un taux de participation aux communales en net recul d'après les premiers chiffres officiels en Flandre
De Bruges à Beringen et de Lubbeek à Alost, il est même question de bureaux de vote pratiquement vides et de faibles taux de participation. Entre-temps, les premiers chiffres officiels sont tombés. À Genk et à Courtrai, environ 4 habitants sur 10 n'ont pas exercé leur droit de vote. L'abolition du vote obligatoire provoque donc une onde de choc plus importante que prévu en Flandre.
Plusieurs bourgmestres confirmaient d'ailleurs -de manière officieuse- dimanche à la mi-journée la tendance actuelle qui suscite déjà pas mal d'émoi en Flandre. "Je suis surpris", réagit ainsi le politologue de l'UGent Herwig Reynaert. "Parce qu'il s'agit d'élections locales. J'avais pensé que les chiffres de participation seraient plus élevés. C'est le niveau de pouvoir le plus proche des gens. Ceux-ci peuvent décider pour leur propre commune. Et ils connaissent souvent beaucoup de gens sur les listes".
La Flandre n'est pas la seule région d'Europe où l'obligation de vote a été supprimée. D'autres entités ont précédé la Flandre dans cette voie. Mais ces expériences étrangères montrent que la suppression de l'obligation de vote a rarement eu un impact si rapide.
Aux Pays-Bas, où le vote est facultatif depuis longtemps, le taux de participation aux dernières élections locales n'a atteint que 50% à peine. Dans les grandes villes bataves, ce taux est même parfois de 35 ou 40% seulement. "Dans ce sens, il ne faudrait pas s'étonner que ce soit aussi possible en Flandre", ajoute Herwig Reynaert.
Des chiffres plus précis en fin de soirée
C'est à Eeklo en Flandre orientale que l'abstention est la plus forte avec à peine plus de la moitié (53,7%) des électeurs qui se sont déplacés pour voter, tandis que la commune à facilités de Biévène en Brabant flamand affichait l'un des taux de participation les plus hauts avec 79,3%. Suivent ensuite Dentergem (77%) en Flandre occidentale, Horebeke (75,8%) en Flandre orientale, les Fourons (78,7%) dans le Limbourg, et Glabbeek (76,6%) en Brabant flamand.
Dans une trentaine de villes et communes de Flandre, la participation est inférieure au taux de 60%. Un tiers se trouve dans le Limbourg: à As, Bocholt, Diepenbeek, Dilsen-Stokkem, Houthalen-Helchteren, Kinrooi, Bourg-Leopold, Maaseik, Maasmechelen et Tongres-Borgloon, le taux varie entre 57 et 60%. Dans le Brabant flamand, la participation se situe en dessous de 60% dans la périphérie bruxelloise. A Wemmel, elle n'atteint que 55,1%. A Dilbeek, Grimbergen, Machelen, Leeuw-Saint-Pierre, Vilvorde et Zaventem, les 60% ne sont pas atteints.
En province d'Anvers, la participation reste en dessous de 60% à Brecht, Hemiksem, Hulshout, Niel, Putte, Stabroek et Wijnegem. Le cap des 70% n'est franchi qu'à Baerle-Duc et Boechout.
En Flandre orientale, outre Eeklo, le taux de participation oscille entre 58 et 50% à Beveren-Kruibeke-Zwijndrecht, Evergem, Renaix en Tamise. En Flandre occidentale, le taux est inférieur à 60% à Blankenberge, La Panne et Menin.
