Pour le cinquième jour d’affilée, des cyberattaques visent ce vendredi les sites internet d'institutions belges et de plusieurs médias. Les sites du Parlement flamand, de la RTBF et de l’agence Belga sont notamment affectés par les attaques par déni de service distribué (DDoS) du collectif de pirates pro-russes NoName057. Ce dernier proteste toujours contre le soutien de la Belgique à l’Ukraine. Le professeur de politique internationale de l'Université d'Anvers, David Criekemans,estime que le pays nie la gravité de la situation et n'investit pas suffisamment dans la cybersécurité.
Les pirates informatiques pro-russes paralysent ce vendredi des sites d'institutions et de médias belges
"Depuis plusieurs jours, le groupe publie une liste de sites à attaquer sur son canal Telegram au cours de la matinée", a déclaré Katrien Eggers, du Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB). "Nous suivons l'affaire de près".
En ce cinquième jour de cyberattaques consécutif, les pirates informatiques pro-russes ont ciblé les sites internet du Parlement flamand, de la Société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs (Sabam) et de la fédération de l'industrie graphique Febelgra. Plusieurs médias sont également concernés, dont le magazine Monato, l'agence de presse Belga, le service public de radiotélévision francophone RTBF, ainsi que les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad.
Si certains sites semblent fonctionner à nouveau, d'autres affichent des messages d'erreur. "Nous vous informons que l'Agence Belga est actuellement la cible d'une attaque par déni de service distribué (DDoS). Par conséquent, vous pourriez rencontrer des perturbations temporaires dans certains de nos services", soulignait notamment Belga. Le site était cependant à nouveau accessible vers 11h.
Les sites internet d'autres institutions belges ont été visés par les attaques DDoS du collectif NoName depuis le début de la semaine, tels que ceux de plusieurs administrations locales, du port d'Anvers, ou encore de la fédération du secteur financier Febelfin.
Le CCB souligne que ces attaques ne sont pas dangereuses. Lors d'une attaque DDoS, les serveurs sont "bombardés" de requêtes, ce qui les surcharge et les rend inaccessibles aux utilisateurs réels. Les pirates ne peuvent cependant pas voler de données de cette manière. Tant le Premier ministre Alexander De Croo que la ministre flamande de l’Intérieur Hilde Crevits et le CCB ont déjà souligné que les pirates ne pouvaient atteindre les ordinateurs utilisés pour les votes électroniques aux scrutins communal et provincial de ce dimanche.
"Les autorités investissent trop peu dans la cybersécurité"
"Actuellement, il n'est question que d'attaques DDoS, mais il faut voir les choses de manière plus large. Notre gouvernement n'investit pas suffisamment dans la cybersécurité. Et cela aussi fait partie de la résilience nationale", souligne David Criekemans (photo), professeur de Politique internationale à l'Université d'Anvers.
"C'est vrai que ces attaques DDoS sont peu dangereuses, mais elles concernent le maillon le plus faible: de plus en plus de collectivités locales utilisent des applications en ligne. Nous ne pouvons pas exclure que les attaques deviennent plus sophistiquées à l'avenir. Nos ports semblent également plus vulnérables qu'on ne le pensait", poursuit le professeur de l'UAntwerpen.
David Criekemans exhorte ainsi les autorités à prendre cette menace au sérieux. "Au niveau flamand, on a parfois l'impression qu'il s'agit d'une affaire fédérale. L'armée est en train de mettre en place une composante cyber, mais ce n'est pas suffisant", explique le professeur de l'Université anversoise.
Les États baltes sont confrontés à des cyberattaques menées par des groupes liés à la Russie depuis bien plus longtemps que la Belgique. "Chaque crise représente une opportunité. Ils sont désormais bien avancés dans ce domaine et disposent également d'un secteur commercial actif dans la sécurité numérique. Il ne s'agit pas seulement d'un coût. En mettant en commun nos connaissances, nous pouvons aussi gagner sur le plan économique."

