Pour la première fois en 10 ans, la quantité de cocaïne saisie dans le port d'Anvers est en baisse. C'est ce que révèle Gazet van Antwerpen. Moins de 40 tonnes de drogue ont été interceptées jusqu'à présent en 2024, contre 121 tonnes l'année dernière. Cela peut sembler une bonne nouvelle, mais selon An Berger, de la police fédérale, les drogues sont simplement moins faciles à repérer. "Cela ne signifie pas qu'il y a moins de cocaïne qui entre ou qui circule", a-t-elle déclaré.
Pour la première fois depuis 10 ans, les douanes ont intercepté moins de cocaïne au port d’Anvers
Les saisies de cocaïne dans le port d'Anvers ont battu des records année après année, mais il semble que ce ne soit plus le cas cette année. Alors que 121 tonnes de cocaïne avaient été saisies l'année dernière, ce chiffre est inférieur à 40 tonnes cette année.
Selon An Berger de la police fédérale, ces chiffres ne sont pas aussi positifs qu'il n'y paraît à première vue. "Le fait que moins de cocaïne ait été saisie dans le port d'Anvers depuis le début de l'année ne signifie pas que moins de cocaïne entre ou circule. Il se peut que la cocaïne soit simplement moins visible", explique-t-elle. "Après tout, nous savons bien que la production de cocaïne agmente en Amérique du Sud".
Nouvelles méthodes de contrebande
Cette baisse en termes de saisies peut avoir plusieurs explications, selon An Berger. "Tout d'abord, plusieurs grandes compagnies de transport maritime par conteneurs ne partent plus du terminal à conteneurs de Guayaquil (ville portuaire équatorienne d'où partent de nombreuses drogues, ndlr), mais ont choisi d'autres terminaux à conteneurs plus sûrs."
"En outre, les routes de la drogue ont également été modifiées", a ajouté Mme Berger. "Elles passent désormais par l'Afrique de l'Ouest, par exemple, ce qui signifie qu'il y a beaucoup plus de bateaux à contrôler".
"En outre, les méthodes de contrebande elles-mêmes ont été adaptées", explique-t-elle. Entre autres, les criminels travaillent davantage avec des mélanges chimiques, les "mezclados" en espagnol. Il s'agit de mélanger la cocaïne à des matières plastiques ou à des liquides, par exemple, de manière à ce que la drogue ne soit plus facilement décelable, tant au niveau de l'odeur que de la substance.
"Il est alors beaucoup plus difficile pour les scanners et les chiens antidrogue de détecter et de reconnaître la cocaïne", ajoute-t-elle. "Pour l'instant, nous n'avons pas encore trouvé de tels mélanges dans le port, mais nous avons des indications selon lesquelles des groupes criminels y travaillent".
