Les électeurs wallons et flamands ne sont en moyenne pas si éloignés les uns des autres lorsqu'on les interroge sur leurs préférences politiques. C’est ce qui ressort d'une enquête réalisée par les universités belges UAntwerpen, ULB, UCLouvain, VUB, KU Leuven, UNamur et UGent.
Les électeurs flamands et francophones ne sont pas si éloignés les uns des autres, constatent les universités
Les électeurs du nord et du sud du pays sont perçus comme ayant des opinions politiques radicalement différentes. Les francophones seraient plus à gauche tandis que les électeurs flamands soutiendraient des politiques de droite. En 2019, les résultats de la gauche radicale (PTB) en Wallonie et ceux de la droite radicale en Flandre avaient renforcé cette perception.
Les élections de juin dernier ont toutefois remis en cause ce stéréotype. En Wallonie, les libéraux du MR et Les Engagés (anciens CDH) de centre droit ont en effet remporté le plus de voix, tandis qu’en Flandre les socialistes de Vooruit et les communistes du PVDA enregistraient une belle avancée.
Des politologues belges se sont penchés sur ces résultats et sur le positionnement idéologique des électeurs sur l'échelle gauche-droite. Selon leur analyse, les électeurs wallons et flamands ne sont pas très éloignés en termes de préférences politiques. Et en ce qui concerne le positionnement gauche-droite, ils sont même très proches les uns des autres.
Les mêmes préoccupations
La plupart des électeurs de notre pays souhaitent ainsi que le gouvernement intervienne dans l'économie. Ils aspirent aussi à ce que les migrants adoptent la culture européenne. Quant à une réforme de l'État, les électeurs flamands préfèrent maintenir le statu quo, tandis que les électeurs wallons sont légèrement plus favorables à un gouvernement fédéral fort.
"En ce qui concerne les opinions sur l'intervention du gouvernement dans l'économie, nous observons un très léger glissement vers la droite en Flandre, mais aucun glissement de ce type en Wallonie", pointent les politologues. "Sur le positionnement général gauche-droite et les opinions sur l'intégration des immigrés, les scores moyens dans les deux Régions restent stables entre 2019 et 2024", ajoutent-ils.
Ce qui frappe les politologues par contre, ce sont les glissements à l’intérieur des groupes d’électeurs pour les différents partis politiques. A l’intérieur du même parti, des électeurs peuvent subitement se porter davantage vers la droite alors que d’autres se tournent plus vers la gauche. "Il se pourrait que les électeurs de ces partis aient changé d’avis. Mais il est aussi probable que la composition du groupe d’électeurs ait changé", concluent les universités impliquées dans cette enquête.
