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Des scientifiques de l'UGent reconstituent le visage d'une femme du IXe siècle qui pourrait être Judith de Flandre

Des scientifiques de l'Université de Gand (UGent) ont reconstitué le visage d'une femme du IXe siècle, appartenant à la noblesse, qui pourrait être Judith de Flandre, considérée comme l'une des fondatrices de la future dynastie des comtes de Flandre. Cette reconstitution fait partie d'une enquête qui a été relancée après un épisode de la série télévisée "Het Verhaal van Vlaanderen", avec Tom Waes. Les résultats sont désormais présentés dans une nouvelle exposition à Gand.

Eric Steffens
Publié:

Au début de cette année, l'UGent a annoncé la réouverture des recherches sur Judith de Flandre. Dans le troisième épisode de la célèbre série télévisée "Het verhaal van Vlaanderen, l’animateur Tom Waes s'était concentré sur le Haut Moyen Âge et s’était rendu à Gand . Sept squelettes avaient été découverts il y a près de 20 ans, avant la construction d'un grand parking souterrain sous la Sint-Pietersplein.

Durant le tournage, une ancienne hypothèse a refait surface à propos d'un des squelettes. Il pourrait s'agir des restes de Judith de Judith de Francie occidentale, également connue sous le nom de Judith de Flandre, une princesse carolingienne née vers 843 et morte après 870.

Les ossements ont alors été analysés à l’aide des techniques actuelles les plus modernes.

Sept squelettes avaient été découverts il y a près de 20 ans, avant la construction d'un grand parking souterrain sous la Sint-Pietersplein.

Le résultat de ces recherches est désormais visible dans une nouvelle exposition impressionnante à la Sint-Pietersabdij, à deux pas de l'endroit où les squelettes ont été enterrés pendant plus de 1 000 ans. L'exposition propose aux visiteurs de mener l’enquête. Est-ce Judith ou non ? Le clou du spectacle est une reconstitution faciale en 3D commandée par l'UGent.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

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    Une des neuf reconstitutions faciales.

"Il s'agit d'une femme de l'aristocratie qui ne se laissait pas faire"

"Nous avons utilisé toutes les techniques modernes. Nous ne savons pas encore tout, mais nous savons déjà beaucoup de choses sur elle. L'ADN ne permet pas de déterminer exactement la couleur des yeux ni des cheveux de cette femme. Nous savons par contre qu'elle avait des maladies, qu'elle avait perdu des molaires et qu'elle avait des cheveux gris. Elle était de corpulence normale, nous avons fait un modèle basé sur l'épaisseur de la peau et des tissus, à cette époque et dans ces régions"

Sur la base de toutes ces informations et grâce à des recherches historiques complémentaires, une reconstitution du visage a pu être réalisée. Elle se décline en 9 versions, chacune avec une couleur de cheveux, une couleur d'yeux et d'autres caractéristiques différentes sur lesquelles les scientifiques n'ont pas de certitude absolue.

"Nous n'avons retrouvé que très peu d'informations sur les vêtements, les bijoux, la coiffure et le maquillage de l'époque", explique le professeur Steven Vanderputten.  "Nous avons retrouvé des textes et quelques images. C'est ainsi que nous avons pu faire une reconstitution".  

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Une collaboration a été établie avec un laboratoire en Angleterre, qui collabore également aux enquêtes policières. "Nous voyons dans la simulation une femme d'âge moyen, avec des taches de vieillesse, des pattes d'oie et des cheveux grisonnants. Il devait s'agir d'une femme qui ne se laissait pas faire et qui a eu une vie intense", précise Isabelle De Groote.

Judith de Flandre a été mariée très jeune et envoyée à la cour d'Angleterre. Son premier mariage, en 856, fut avec le roi Aethelwulf de Wessex, un mariage qui visait à renforcer les relations franco-anglaises. Après la mort d’ Aethelwulf, en 858, elle épousa son beau-fils, Aethebalt. Après la mort d’Aethebalt, Judith retourna en Francie, où elle épousa en troisièmes noces Baudouin Ier de Flandre (Baudouin Bras-de-Fer), un seigneur puissant, sans l'accord initial de son père. Ce mariage fonda la dynastie des comtes de Flandre.

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    Boucles d'oreilles - Rätisches Museum, Suisse

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    Sandales - Pierre Montavon, Suisse

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    Chaise pliante - Musei Civici del Castello Visconteo, Italie

Alors, s'agit-il de Judith oui ou non ?

Les scientifiques ne peuvent toujours pas affirmer à 100 % que le squelette découvert est bien celui de Judith de Flandre. L'hypothèse reste cependant valable étude après étude. L'exposition explique toutes ces étapes intermédiaires et présente également des objets historiques uniques du haut Moyen Âge. "Nous avons recréé un environnement dans lequel cette femme a vécu", explique le professeur Steven Vanderputten.

"C'est une époque qui n'est pas très connue. On y découvre les coutumes et les mœurs. Les gens voyageaient-ils à l'époque ? Quels objets utilisaient-ils ? Que mangeaient-ils ? Quels vêtements portaient-ils ? J'ai moi-même beaucoup appris".

Dans l'exposition, les chercheurs ont donné leur avis sur le fait de savoir s’il s’agissait . "Nous demandons aux visiteurs d'exprimer leur propre point de vue après l'exposition. Que croient-ils eux-mêmes ? La question reste ouverte. La recherche est close pour l'instant".

Des travaux pour les chercheurs du futur

"À ce stade, toutes les recherches chimiques, scientifiques et sur l'ADN que nous pouvions effectuer ont été réalisées. Nous avons également stocké des réserves de tous les échantillons. Ils sont prêts pour les scientifiques de la prochaine génération. Grâce aux nouvelles techniques, ils pourraient en savoir encore plus d'ici dix ans. Le squelette ira au dépôt après l'exposition, pour les chercheurs du futur", conclut M. De Groote.

"La fin de cette histoire reste ouverte. Sept squelettes ont été découverts lors des fouilles. Il devait s'agir de personnes jouissant d'un statut particulier au Moyen-Âge. Nous avons encore beaucoup de questions à ce sujet. J'espère pouvoir organiser d'ici quelques années une nouvelle exposition sur toutes ces personnes", explique Steven Vanderputten.a

L'exposition se tiendra du 4 octobre 2024 au 19 janvier 2025 à la Sint-Pietersabdij (l'abbaye Saint-Pierre de Gand). Elle bénéficiera d’un audio-guide, avec les voix des chercheurs.

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