Aller au contenu principal
Marguerite de Parme, fille naturelle légitimée de Charles Quint, est née à Audenarde en 1522

Le musée d'Audenarde consacre une prestigieuse exposition à Marguerite de Parme, sous haute surveillance

Audenarde en Flandre orientale, la ville natale de Marguerite de Parme (1522-1586), accueille encore jusqu’au 5 janvier une exposition consacrée à la fille de Charles Quint et de Johanna Van der Gheynst. "Marguerite. La fille de l'empereur entre pouvoir et image" est installée au MOU , le musée d'Audenarde lui-même situé dans l'hôtel de ville, et rassemble une centaine de portraits et objets luxueux que Marguerite chérissait ou qu'elle avait commandés. Ils ont été acheminés de 31 musées et établissements européens - dont le Louvre et Buckingham Palace -, ce qui explique que l’hôtel de ville sera surveillé par la police pendant toute la durée de l’exposition et que les mariages devront être célébrés ailleurs jusque début janvier.

Anne François
Publié:

Marguerite de Parme est née en 1522 à Audenarde des amours de Charles Quint avec une servante, Johanna Van der Gheynst, fille d’un tapissier local. Elle sera reconnue par son père. Plus de 500 ans après sa naissance, Audenarde rend pour la première fois hommage à son illustre citoyenne au travers d'une prestigieuse exposition et de diverses activités culturelles qui permettront d'en apprendre davantage sur celle qui fut gouvernante des Pays-Bas de 1559 à 1567 - au nom de son demi-frère Philippe II, roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas espagnols -, à la veille de la Guerre de Quatre-vingts ans qui aboutira à la scission des Pays-Bas. L’épouse d’Alexandre de Médicis (qui fut assassiné un an après leur mariage) puis d’Octave Farnèse abandonnera sa fonction en décembre 1567. La gouvernance des Pays-Bas sera confiée plus tard par Philippe II au fils de Marguerite, Alexandre Farnèse.

Marguerite de Parme était par ailleurs une personnalité de la haute société italienne, une véritable passionnée d'art et une mécène. "Il était grand temps de donner à ce personnage fascinant la place qui lui revient dans l'histoire", estimait le MOU, le Musée d’Audenarde. L’exposition bénéfice de la collaboration d’experts universitaires de Gand et Louvain, mais aussi d’Allemagne et d’Italie.

Une centaine de peintures (dont notamment un portrait de Marguerite provenant du Buckingham Palace), de dessins, tapisseries, miniatures, pièces d'orfèvrerie, argenterie et vitraux plongent les visiteurs dans l'art et la culture du 16e siècle, une époque agitée aux Pays-Bas et en Europe. La période faste de la première moitié du siècle débouchera en effet sur une ère de tensions et de révoltes religieuses, économiques et politiques croissantes.

Exposition au MOU

Surveillance accrue au MOU

Parmi la centaine d’objets exposés au Musée d’Audenarde se trouvent des pièces maîtresses prêtées par une trentaine de musées et institutions, comme des bijoux provenant du Louvre parisien. Des mesures de sécurités strictes s’imposaient donc, expliquait l’échevin de la Culture Stefaan Vercamer à Radio 2.

"Les chefs-d’œuvre doivent normalement pouvoir entrer dans le musée sans quitter leur moyen de transport. Ce n’est pas possible au MOU. Il a donc fallu organiser une escorte de police. Nous avons également investi dans un système de régulation de la température au musée, avec de grandes portes qui forment un sas et une ventilation qui permet d’éviter de grosses fluctuations de températures. De cette façon, le musée et l’hôtel de ville qui l’abrite ont été modernisés et peuvent organiser pour les 30 années à venir des expositions avec des pièces d’exception", soulignait l’échevin Vercamer.

Le musée du Louvre a notamment demandé que l’hôtel de ville ne soit pas utilisé pour d’autres événements pendant la durée de l’exposition. "On ne pourra donc pas s’y marier ni y fêter des jubilés, temporairement". Un autre bâtiment historique est prévu en remplacement.

Le MOU est installé dans l'hôtel de ville d'Audenarde

Les mesures de sécurité supplémentaires (comme une surveillance 24h sur 24 pendant toute la durée de l’exposition) coûteront 400.000 euros à Audenarde, en plus du montant considérable pour l’organisation de l’exposition. "Les coûts les plus importants proviennent du transport, de l’assurance et des mesures de sécurité pour les œuvres exposées. Certains musées préfèrent même organiser eux-mêmes le transport des œuvres qu’ils nous prêtent. Parfois ils demandent quelque chose en échange, comme la restauration d’une tapisserie", précisait encore Stefaan Vercamer.

Marguerite de Parme

Photos contemporaines et bière spéciale

La photographe gantoise Lieve Blancquaert et le luthiste Floris De Rycker apportent une touche contemporaine à l'exposition. Lieve Blancquaert a réalisé des portraits de Marguerite modernes et les a réunies dans une installation placée dans l'église Notre-Dame de Pamele (photo ci-dessous), là où Marguerite de Parme a été baptisée.

Floris De Rycker a, quant à lui, créé pour l'occasion une atmosphère sonore qui combine la musique de la cour de Marguerite avec des sonorités modernes.

Quant à la ville d’Audenarde, elle a commandé une bière spéciale à la brasserie locale Rolling Hills en l'honneur de Marguerite de Parme. Cette bière blonde (6,5% d'alcool) aux notes florales de citronnelle et de marguerite symbolise "l'élégance et la force de Marguerite". Les visiteurs peuvent la déguster dans divers établissements Horeca d’Audenarde, servie dans un verre spécialement conçu pour l'occasion.

L’exposition "Marguerite. La fille de l'empereur entre pouvoir et image" est à voir jusqu’au 5 janvier 2025 au MOU à Audenarde.

REGARDER

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5