Au premier jour complet de sa visite en Belgique, le pape François a été accueilli ce vendredi matin au palais royal de Laeken par le roi Philippe et la reine Mathilde, rejoints ensuite notamment par le Premier ministre Alexander De Croo et des membres des divers gouvernements du pays. Après la photo officielle, le Roi, le Premier ministre et le souverain pontife ont prononcé chacun un discours. Le pape François a notamment parlé de "honte" en évoquant les violences sexuelles commises au sein de l'Église. "Une honte que nous devons tous prendre en main et" pour laquelle il faut "demander pardon".
A Laeken, le pape dénonce les violences sexuelles sur des mineurs: "L'Eglise doit avoir honte et demander pardon"
Le pape François est arrivé au château de Laeken vers 9h30 et a été reçu en grande pompe par le couple royal. Après une audience privée avec le souverain pontife, le roi Philippe a prononcé quelques mots pour accueillir le chef de l'Église catholique, près de 30 ans après la visite du pape Jean-Paul II en Belgique.
Le souverain a abordé la "tragédie sans nom des abus sexuels commis au sein de l'institution ecclésiale". "Très Saint-Père (...), vous avez agi concrètement pour lutter contre ces abominables violences", a-t-il estimé. "Des enfants ont été horriblement meurtris, marqués à vie. Il en va de même pour les victimes d'adoptions forcées. Il a fallu tellement de temps pour que leurs cris soient entendus et reconnus. Il a fallu tellement de temps pour chercher des chemins de 'réparation' de l'irréparable". Le Roi a ensuite encouragé l'Église de Belgique à poursuivre "résolument" les efforts entrepris, "sans relâche".
"Regagner une confiance altérée"
"Nous ne pouvons pas ignorer les douloureuses blessures qui existent au sein de la communauté catholique et de la société au sens large. Les nombreux cas de violences sexuelles et d'adoptions forcées ont gravement altéré la confiance", a déclaré à son tour le Premier ministre Alexander De Croo dans son discours au palais royal.
"Quand quelque chose ne va pas, nous ne pouvons pas accepter que l'on étouffe l'affaire. Cela nuit au précieux travail de chacun. Aujourd'hui, les mots ne suffisent plus. Il faut des mesures concrètes. Les victimes doivent être entendues. Elles doivent être au centre. Elles ont droit à la vérité. Les atrocités doivent être reconnues. Et la justice doit être rendue", a poursuivi De Croo. "Il ne s'agit pas uniquement d'une obligation morale, mais c'est une étape nécessaire pour regagner la confiance. La dignité humaine doit primer sur les intérêts de l'institution", a plaidé le Premier ministre, avant de conclure: "Pour pouvoir à nouveau regarder vers l'avenir, l'Église doit assumer son passé".
"L’Eglise doit demander pardon"
Se référant aux agressions sexuelles sur des mineurs, le pape François a souligné que c'était "dans l'Église même que se produisait ce crime". "L'Église doit avoir honte et demander pardon et tenter de résoudre cette situation avec humilité chrétienne", a-t-il ajouté. Sans entrer dans le détail, le pape a appelé à "mettre en œuvre tout ce qui est possible afin que ça n'arrive plus".
Le Saint Père s'est par ailleurs dit "attristé" par "le phénomène des adoptions forcées qui se sont produites également en Belgique", au cours des années 1950 à 1980. "Dans ces histoires douloureuses s'est mélangé le fruit amer d'un crime avec ce qui était malheureusement le résultat d'une mentalité répandue dans toutes les couches de la société", a précisé le pape, sans pour autant présenter d'excuses aux victimes.
"Souvent, la famille et d'autres acteurs sociaux, y compris l'Église, pensaient que pour éliminer l'opprobre négatif, qui frappait malheureusement à l'époque la mère célibataire, il était préférable pour le bien des deux, de la mère et de l'enfant, que ce dernier soit adopté", a ajouté le souverain pontife devant l'assemblée, où se trouvaient des victimes de ces adoptions.
Le pape François est attendu ce vendredi vers 16h30 à Louvain (Brabant flamand) et l’Université catholique (KU Leuven) de cette ville qui fête ses 600 ans d’existence. Il devrait notamment y prononcer un discours sur la migration et les réfugiés. Le public pourra saluer le Saint Père vers 17h30 devant l’hôtel de ville de Louvain et l’église Saint-Pierre voisine.
Ci-dessous, quelques images de l'arrivée du pape au Palais royal de Laeken, ce vendredi matin.



