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Les enquêteurs anti-corruption se sentent mis sous pression par leurs supérieurs et craignent un contrôle politique sur leur travail

Les enquêteurs de l'Office central pour la répression de la corruption (OCRC) se disent trop contrôlés par leur hiérarchie et par le monde politique. Et ce, depuis la remise par la direction d'une note controversée. L'information est révélée ce jeudi par les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad et est parvenue également à la rédaction de la VRT.

Eric Steffens Belga
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L'OCRC est une unité policière comptant 70 enquêteurs. Elle est en charge des enquêtes les plus importantes et les plus sensibles en matière de corruption en Belgique. C'est elle qui mène l'enquête dite du "Qatargate", par exemple.

Une certaine frustration règne à l'OCRC depuis quelques semaines à cause d'une note émise en début de mois par Patrick Ludinant, de la direction centrale de la répression de la criminalité organisée. Cette note stipule que les enquêteurs rédigeant un PV devront désormais passer par leur hiérarchie avant de l'envoyer au parquet. Les agents de l'OCRC voient cela comme une tentative cachée de la direction de contrôler leur travail et d'ainsi entraver le bon déroulement de certaines enquêtes sensibles.

Les enquêteurs concernés soulignent qu'ils subissent régulièrement des pressions dans le cadre de leur travail. Ce fut le cas récemment, par exemple, lors de l'ouverture d'une enquête dans laquelle certains hauts fonctionnaires marocains sont intervenus dans le cadre d'une enquête d'ingérence.

Des dossiers politiques sensibles

Suite à un reportage du magazine Investigation de la RTBF à ce sujet, le CDBC a rédigé une première déclaration de plus de 80 pages. Cela se passait précisément au moment où le gouvernement belge était en pleine négociation d'un accord avec le Maroc sur le transfert des ressortissants marocains condamnés dans notre pays. L'enquêteur concerné a été pris à partie par sa hiérarchie.

Le fait que sa hiérarchie rédige cette note de service n'est pas de nature à apaiser ses inquiétudes. D'ailleurs, la note de service ne s'adresse pas seulement au service de lutte contre la corruption mais aussi aux 3 autres services qui en dépendent.

Il s'agit du l’OCDEFO - l’Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée, de la FCCU - Federal Computer Crime Unit, le service chargé de la criminalité informatique et en particulier des cyberattaques contre les infrastructures critiques, et enfin de la DJMM – Direction judiciaire en milieu militaire qui a pour tâche l’exécution de missions judiciaires spécialisées en milieu militaire, tant en Belgique qu’à l’étranger.

"La note interne rationalise les procédures existantes et doit contribuer à ce que chacun travaille de la même manière dans la communication vers les autorités judiciaires ou administratives. Cela doit améliorer le contrôle qualité interne", se défend-on du côté de la police fédérale. Au cabinet du ministre de la Justice Paul Van Tigchelt (Open VLD), on n'a pas souhaité réagir, soulignant qu'il s'agissait d'une affaire interne à la police fédérale.  

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