Le personnel de la prison d'Anvers a décidé ce lundi matin de ne pas admettre de nouveaux détenus pour le moment, affirme le syndicat socialiste flamand ACOD. Il s’agit d’une action spontanée. L'administration pénitentiaire confirme la situation et indique qu'elle se concerte avec les juges d'instruction pour voir vers où les détenus peuvent être redirigés. Les gardiens entendent ainsi protester une nouvelle fois contre la surpopulation dans la prison, qui engendre de l’agression et des conditions de vie difficiles pour les détenus.
Les gardiens de la prison d'Anvers refusent à nouveau d'accueillir des détenus supplémentaires
Ce n'est pas la première fois que les gardiens de la maison d'arrêt située Begijnenstraat à Anvers prennent une telle mesure. Elle résulte de la surpopulation persistante de la prison et du manque de personnel. "Cela entraîne des conditions dégradantes, des problèmes de sécurité et des agressions", explique Mario Heylen, de l'ACOD. Une moyenne de 70 détenus seraient ainsi obligés de dormir sur des matelas posés sur le sol.
Les syndicats souhaitent que le nombre de détenus masculins soit ramené à 600, ce qui resterait encore supérieur à la capacité théorique de la prison. Elle ne possède en principe de la place que pour 439 prisonniers. L'administration pénitentiaire affirme avoir été informée par la direction locale, qui n'a rien à voir avec cette décision. L'administration regrette cette décision, d'autant plus qu'il est prévu de transférer certains détenus dans un avenir proche.
"Depuis la semaine dernière, ces transferts ont été préparés, 32 détenus sont actuellement prêts à partir", a déclaré la porte-parole Kathleen Van de Vijver. "Mais bien sûr, la gestion pratique prend encore un peu de temps. En outre, des consultations supplémentaires avec la direction et les syndicats étaient de toute façon prévues".
L'administration pénitentiaire réitère son appel au prochain gouvernement fédéral pour qu'il fixe des quotas de population carcérale maximale par établissement. Fin août, les gardiens avaient aussi déjà refusé temporairement d’accueillir de nouveaux détenus, pour attirer l’attention des autorités sur la situation pénible et dangereuse à la prison anversoise.
