Cent trente-neuf détenus ont appris cette semaine qu'ils seraient libres plus tôt que prévu. Le ministère de la Justice a confirmé l'information, précisant que cette décision a été prise pour lutter contre la surpopulation dans les prisons belges. Davantage de détenus obtiennent ainsi un congé pénitentiaire prolongé. La mesure ne devrait cependant pas permettre de réduire de façon structurelle la surpopulation carcérale.
Près de 140 détenus libérés prématurément cette semaine pour lutter contre la surpopulation carcérale
Les prisons belges sont surpeuplées. Pour plus de 1.300 détenus actuellement incarcérés il n’y a en fait pas de place. Et leur nombre continue à augmenter tous les mois. Ce jeudi, quelque 125 détenus devaient encore dormir sur un matelas posé sur le sol, par manque de lit disponible. Pour accélérer la sortie de détenus en fin de peine, l’administration des prisons a décidé d’étendre les congés pénitentiaires.
Depuis le début de cette année, 594 personnes ont ainsi déjà été libérées, indique ce vendredi le journal Het Laatste Nieuws. Rien que la semaine dernière, elles étaient 139 à obtenir un congé pénitentiaire prolongé. Toutes n'avaient plus que six mois à purger ou moins. Selon la porte-parole de l'administration pénitentiaire, Kathleen Van De Vijver, les détenus ne sont libérés que s'ils ont un endroit où aller. Ceux n'ayant pas d'adresse permanente doivent rester en cellule.
Les auteurs de faits graves et les délinquants sexuels ne sont pas concernés par ces libérations anticipées. Une évaluation négative peut aussi mener à l’annulation du congé prolongé.
Quelque 64 nouveaux détenus cette semaine
Mais les congés pénitentiaires prolongés ne résoudront pas à terme le problème de la surpopulation carcérale. Des 139 places libérées la semaine dernière, 64 sont à nouveau occupées par des détenus fraichement arrivés. Et il n’y aura pas beaucoup plus de détenus libérés préventivement que les 139 de la semaine dernière. Tous ceux qui n’avaient plus de 6 mois maximum à purger ont déjà été libérés.
"Le problème se situe avant tout au niveau de l’afflux de détenus", estime Robby De Kaey du syndicat socialiste ACOD. Le gouvernement belge a décidé il y a 2 ans d’envoyer en prison même des personnes qui n’ont qu’une courte peine effective. "Faire purger une peine de courte durée alors qu’il n’y a pas de place dans les prisons est tout simplement idiot. Nous nous autodétruisons ainsi”, estime De Kaey.
Les syndicats demandent donc au ministre de la Justice sortant, Paul van Tigchelt (Open VLD), de veiller avant tout à limiter l’afflux de détenus dans les prisons. "Mais j’ai l’impression qu’il ne veut plus prendre de risques maintenant que le gouvernement est en affaires courantes et que son parti ne fera vraisemblablement pas partie de la nouvelle coalition fédérale".
