Dans la nouvelle Commission européenne qui doit être présentée ce mardi matin, la Belge Hadja Lahbib obtiendra les compétences de l'Aide humanitaire, de la Gestion des crises et de la Protection civile européenne. L'ensemble les commissaires-désignés devront toutefois encore réussir une audition au Parlement européen avant d'être nommés officiellement.
Hadja Lahbib obtient le portefeuille de l'Aide humanitaire et de la Gestion des crises dans la nouvelle Commission européenne
Avec "l'état de préparation et de la gestion de crise", la ministre belge des Affaires étrangères la libérale Hadja Lahbib s'est vu proposer par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen un portefeuille confronté aux guerres proches et lointaines, aux déplacements de populations, aux catastrophes naturelles (séismes) ou climatiques plus régulières et intenses (feux de forêts, sécheresses ou inondations), ou encore aux épidémies et aux crises alimentaires. Dans un collège qui n'atteint pas la parité de genre, l'ex-journaliste issue d'une famille kabyle reçoit aussi le portefeuille de l'égalité.
Ursula von der Leyen : "Hadja Lahbib est la bonne candidate"
"C'est un portefeuille qui se penchera sur la résilience, l'état de préparation et la protection civile", a commenté Ursula von der Leyen lors de sa présentation à la presse, en centrant le travail de la Belge sur la gestion de crise et l'aide humanitaire.
Pour important qu'il soit, ce portefeuille apparaît moins sensible politiquement que celui de la Justice et de l'État de droit qui avait été confié à Didier Reynders, chargé de tenter de canaliser des dirigeants autoritaires et illibéraux au sein de l'UE.
Interrogée sur ce point, l'Allemande a répondu qu'Hadja Lahbib avait "une solide expérience en affaires étrangères." "Ce portefeuille reflète la carrière politique qu'elle mène. C'est la bonne candidate".
Aide humanitaire et gestion des crises
L'aide humanitaire de l'UE, c'est un budget annuel de 1,8 milliard d'euros, fournie dans plus de 110 pays via des partenariats avec les agences des Nations unies, des organisations internationales et des ONG. Elle repose notamment sur le mécanisme de protection civile de l'Union, qui permet d'aider un État dans une situation d'urgence, comme c'est le cas de l'Ukraine depuis 2022. L'aide européenne reste aussi indispensable à Gaza, où elle est mise en cause par Israël, très critique envers l'agence onusienne UNRWA. L'Afrique sub-saharienne, et notamment l'est de la République démocratique du Congo (RDC), constitue d'autres théâtres de l'aide humanitaire européenne.
Dans ces contextes critiques, la majeure partie du budget humanitaire de l'UE est attribuée à des projets qui répondent aux besoins des personnes déplacées par les conflits, et aux communautés qui les accueillent. Active depuis 1992, l'aide humanitaire de l'UE s'est renforcée ces dernières années. Elle s'organise notamment à travers une capacité d'intervention, mise en place en 2022 afin d'accroître les forces du "mécanisme de protection civile de l'UE", en cas d'insuffisance des capacités. Un corps européen de solidarité propose des offres de volontariat dans le domaine humanitaire.
C'est à Bruxelles que se trouve le cœur du mécanisme de protection civile de l'UE, au "Centre de coordination de la réaction d'urgence". Ce mécanisme a par exemple été utilisé pour les évacuations en Afghanistan (2021), des rapatriements pendant la pandémie de COVID-19 (2020 et 2021), ou pendant les ouragans Irma et Maria dans les Caraïbes (2017).
L'UE dispose également de sa propre réserve de capacités européennes, appelée rescEU, avec une flotte d'hélicoptères et d'avions bombardiers d'eau, des avions d'évacuation médicale, des hôpitaux de campagne, etc.
