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Plus de 5.000 personnes dans les rues de la capitale pour soutenir les travailleurs et sous-traitants d'Audi Brussels

Quelque 5.500 militants d'après la police, plus de 10.000 d'après les syndicats, ont battu le pavé lundi matin dans la capitale pour exprimer leur solidarité avec les travailleurs et sous-traitants d'Audi Brussels, dont le futur reste incertain depuis l'annonce d'une restructuration début juillet.

Eric Steffens Belga
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Partis de la Gare du Nord peu avant 10h30, les manifestants ont rejoint vers midi la place du Luxembourg, arborant des banderoles telles que ""L'industrie est à nous" ou "Nous ne sommes pas à vendre". Bien que la manifestation ait été ponctuée par de fréquentes détonations de pétards, aucun incident n'a été relevé par la police.

Au cœur des revendications: la prise en compte dans le plan social de tous les travailleurs, y compris les intérimaires et sous-traitants, mais également la mise en place d'une "véritable politique industrielle".

Sur la place du Luxembourg, Thierry Bodson, président de la FGTB, a pointé la coalition "Arizona" et le gouvernement actuel en affaires courantes, qui maintiennent un "silence assourdissant" face à la situation de l'usine forestoise. "On ne voit aucune réaction de leur part, si ce n'est la volonté de démanteler la loi Renault, de réduire la protection des travailleurs et de limiter temporellement les allocations de chômage (pour la coalition Arizona, NDLR)", a-t-il fustigé, dénonçant une "politique de culpabilisation des victimes du système".

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a quant à elle réclamé un plan social incluant l'ensemble des travailleurs d'Audi, y compris les intérimaires et sous-traitants. "Chaque travailleur et travailleuse mérite le respect pour sa contribution à ce modèle de production", a-t-elle souligné. Comme M. Bodson, elle a également déploré le mutisme des responsables politiques et la nécessité d'une "véritable politique industrielle qui préserve le tissu économique local". La syndicaliste a appelé les responsables politiques régionaux et fédéraux à se mettre autour de la table pour trouver une issue au conflit social en cours. "Nous ne pouvons pas laisser seules la commune de Forest et la Région bruxelloise porter la responsabilité de trouver une solution à l'avenir du site", a-t-elle exhorté.

3.000 emplois menacés

Le couperet est tombé le 9 juillet dernier, juste avant la fermeture collective de l'usine pour les congés d'été: la direction d'Audi annonçait son intention de restructurer le site bruxellois, mettant en péril près de 3.000 emplois. Depuis, la colère, le dégoût et la déception ont gagné les rangs des travailleurs. L'absence d'attribution de nouveaux modèles à l'usine bruxelloise, annoncée le 3 septembre dernier par le groupe Volkswagen, a constitué la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Inquiets pour leur avenir, les travailleurs ont entamé un mouvement de grogne le 4 septembre, date prévue pour la reprise de la production. Il s'est ensuivi une escalade de tensions: confiscation de clés de véhicules par les syndicats, fermeture de l'usine et menaces de poursuites judiciaires par la direction, blocage du boulevard de la Deuxième Armée Britannique.

Une épée de Damoclès au-dessus du site de Forest

Si les clés ont été restituées la semaine dernière, la rupture restait bien entamée entre syndicats et direction. Il aura d'ailleurs fallu plus de 15 heures de conciliation sociale avant d'aboutir vendredi, aux petites heures, à un accord pour le redémarrage de l'usine. Il a ainsi été convenu que les ouvriers reprendraient du service "sur une base volontaire" à partir de mardi, au lendemain de la manifestation, tandis que la direction s'est engagée à payer l'ensemble du personnel pour la semaine de grève patronale.

Reste qu'une épée de Damoclès plane sur le site de 54 hectares et ses travailleurs, la direction cultivant notamment le flou autour de "projets" jugés trop vagues par les syndicats. Et projet s'il en est, celui d'une reprise ne suscite que peu d'enthousiasme. Il n'offrirait probablement qu'une bouée de sauvetage à un dixième de la main d'œuvre actuelle, laissant les autres travailleurs à la dérive, craint le camp syndical.

Le cas d'Audi Brussels dépasse largement les frontières belges

Le cortège s'élancera à 10h30 de la Gare du Nord en direction de la place du Luxembourg, où se tiendront des prises de parole. Des délégations allemande, française, italienne, autrichienne et néerlandaise se joindront au mouvement de protestation.

Car le cas d'Audi Brussels dépasse largement les frontières belges. Il illustre la "désindustrialisation massive" à l'œuvre sur le Vieux Continent, dénoncée par les syndicats. Volkswagen, maison-mère d'Audi, envisage d'ailleurs pour la première fois de son histoire de fermer des usines en Allemagne.

"L'industrie est à nous", clament les syndicats, appelant à une mobilisation d'ampleur pour défendre l'emploi industriel. L'ensemble du secteur industriel, de l'automobile à la chimie en passant par le textile, est également appelé à se rassembler.

Fortes perturbations sur le réseau de la Stib

À l'occasion de cette journée d'action nationale, et alors qu'il s'agit du premier jour de la semaine de la Mobilité, la Stib a annoncé que le réseau de transports publics bruxellois serait fortement perturbé. La société recommande dès lors à ses voyageurs de prévoir une solution alternative aux transports publics pour se déplacer à Bruxelles. Un Contact Center (070/23.20.00) sera accessible dès 06H00 lundi "afin d'informer aux mieux" les usagers sur l'état de la situation. La SNCB ne s'attend par contre à aucun problème sur le rail.

Après avoir fait entendre leur voix dans la rue, les représentants des travailleurs d'Audi Brussels seront de retour mardi à la table des négociations. Un conseil d'entreprise extraordinaire est en effet prévu pour discuter de l'avenir du site bruxellois et surtout explorer la piste d'éventuels repreneurs.

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