Ces dernières années, les centres d'orientation scolaire (Centra voor Leerlingenbegeleiding-CLB) ont de nouveau reçu davantage de signalements de harcèlement à l'école. C'est ce que révèlent les chiffres que le journal De Morgen a demandé aux CLB’s. Avant la pandémie de Covid-19, ce nombre avait pourtant diminué. "Des campagnes comme STIP IT sont bonnes, mais les écoles vont-elles les mettre en pratique ?", se demandent les CLB's.
Hausse des plaintes pour harcèlement scolaire dans les centres d’accompagnement des élèves (CLB)
Au cours des deux dernières années scolaires, le CLB a dû intervenir plus de 3.000 fois à chaque fois dans des situations de harcèlement scolaire. En 2018-2019, cependant, le nombre de plaintes est resté inférieur à 3.000 et, en 2019-2020, il est même tombé à 2.200. Bien que les chiffres de cette année scolaire soient faussés par la pandémie de Covid-19 et le confinement qu’elle a entraîné.
"Le fait que nous assistions maintenant à une nouvelle augmentation n'est pas un bon signe et cela nous inquiète", déclare Stefan Grielens, directeur du CLB dans le réseau libre (catholique). "Il se peut que les élèves ou les parents s'adressent plus facilement au CLB pour signaler des brimades, mais les recherches menées par l’université de Gand (UGent) confirment également qu'après des années de déclin, le harcèlement à l'école est de nouveau en hausse".
"Et ce n'est pas vraiment une surprise", estime Stefan Grielens. "Le développement des réseaux sociaux y est pour quelque chose. Les intimidations se poursuivent souvent en dehors des heures de cours. Mais il y a aussi plus d'élèves qui ont des problèmes de comportement, et les brimades en font partie. Les écoles sont confrontées à une pénurie d'enseignants et à d'autres défis. Il n'est donc pas illogique que les cas de harcèlements soient un peu moins mis en évidence".
Ci-dessous le nombre de signalements de harcèlement scolaire auprès du CLB :
"C'est pourquoi les campagnes de lutte contre les intimidations et les brimades restent très importantes", estime encore Stefan Grielens. "Nous recevons moins de signalements de brimades qu'il y a dix ans. Tous les efforts déployés font donc effectivement la différence".
"Mais il ne suffit pas de mettre quatre points sur son poing. Je me demande parfois si les écoles s'attaquent efficacement à ce problème. Existe-t-il une politique efficace de lutte contre les harcèlements ? Les élèves savent-ils à qui s'adresser et les enseignants remarquent-ils que quelqu'un est victime de harcèlement ?"
"Nos chiffres ne représentent que la partie émergée de l'iceberg. Souvent, les écoles, les élèves ou les parents ne s'adressent à nous que lorsque la situation est déjà difficile. Cela montre que les harcèlements sont encore très répandus. Nous ne devrions pas l'ignorer".
La campagne Stip It : "Ne détournez pas le regard !"
L’édition 2024 de "Stip It", l’action annuelle de sensibilisation au harcèlement menée depuis 2012 en Flandre, est soutenue par une campagne de la VRT.
Intitulée "Wees geen wegkijker", celle-ci appelle avec humour les jeunes et les adultes à réfléchir et agir face à une situation de harcèlement, et ne plus jamais détourner le regard, comme c’est encore trop souvent le cas.


