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Les travailleurs attendent encore devant les portes de l'usine

Les grilles de l'usine Audi à Forest restent fermées, mais une procédure de conciliation sociale est annoncée

Bien que les syndicats aient restitué mardi à la direction d’Audi Brussels quelque 300 clefs de voitures prêtes à être envoyées à des concessionnaires - suite à quoi la direction a qualifié l’incident de clos -, les grilles de l'usine restaient fermées ce mercredi et les ouvriers ne comptaient pas reprendre le travail. Une réunion de concertation au service public fédéral Emploi au sujet de la situation dans l’usine forestoise, dans le but de mettre fin au conflit social qui oppose travailleurs et direction depuis plus d’une semaine, n' a mené à rien. Accusant la direction d'avoir outrepassé son droit en fermant l'usine, les syndicats ont décidé de contester le lock-out en justice. Une procédure de conciliation sociale, avec désignation d'un médiateur, a cependant été annoncée.

Anne François Belga
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"Les grilles de l'usine sont fermées et les ouvriers n'ont pas l'intention d'aller construire des voitures aujourd'hui", indiquait Dominique Bray, délégué principal CNE. "Ils se sentent trahis et attendent un signe fort de la direction." Les syndicats espèrent que la réunion de concertation permettra d'ouvrir un "véritable dialogue social" et d'obtenir le paiement "rapide" des salaires, suspendu par la direction depuis lundi.

"Suivant les décisions que la direction prendra et si les salariés n'obtiennent aucune garantie ou compensation, la situation pourrait dégénérer", prévenait Dominique. Bray, appelant la direction à "être responsable" et à "mettre de l'argent sur la table". L'éventualité d'un rachat par un investisseur asiatique, évoquée dernièrement, suscite peu d'enthousiasme. "Le seul investisseur asiatique qui est venu visiter l'usine n'a pas les moyens d'investir sur le site. Son bilan financier est mauvais, nous n'avons donc aucun espoir de ce côté-là."

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Lock-out comme moyen de pression

Le torchon brûle chez Audi Brussels. Alors que l'usine devait initialement reprendre sa production la semaine dernière après la pause estivale, l'annonce de l'arrêt de l'assemblage de nouveaux modèles a provoqué la colère des employés, qui ont débrayé. La semaine dernière, les syndicats ont en outre confisqué les clés de 300 voitures neuves.

La direction a répliqué en fermant l'usine et en menaçant les travailleurs de poursuites pénales. Mardi après-midi, les syndicats ont restitué les clés des voitures confisquées. "Pour nous, cet incident est clos", a alors indiqué la direction, promettant de ne poursuivre personne pour vol.

Les quelque 300 clés de véhicules prêts à sortir de l'usine ont été rendues à la direction

Action en justice et médiateur social

Initialement constructive, la réunion de mercredi matin au service public fédéral Emploi a rapidement "dégénéré", d'après le délégué FGTB Pascal Debrulle. Les syndicats ont posé comme condition première le paiement des salaires, arguant que la situation actuelle résulte d'un lock-out imposé par la direction, et non d'une grève. "Nous avons fait un geste en restituant les clés des véhicules. La direction doit maintenant changer son fusil d'épaule", a souligné le syndicaliste.

La direction d'Audi Brussels, de son côté, exige une reprise immédiate du travail dès jeudi, avec un retour à la normale tant en termes de volume que de qualité de production, à savoir 12 voitures par heure et deux équipes. Une exigence jugée "irréaliste" par les syndicats, qui préconisent un retour progressif à la normale. Les salaires des travailleurs ne sont plus versés depuis le début de la semaine, après l'annonce par la direction de la fermeture de l'usine la veille. Au cours de la réunion de concertation, la direction a évoqué la possibilité d'examiner fin septembre le paiement des salaires (à partir du 9 septembre), mais uniquement si "la production et la qualité sont au rendez-vous". Une proposition jugée "inacceptable" par les syndicats.

Face à l'impasse, les syndicats ont annoncé leur intention de contester le lock-out devant les tribunaux. Lundi, les centrales syndicales avaient déjà mis la fédération des entreprises technologiques, Agoria, en demeure de faire respecter l'accord et mettre fin au blocage de la direction. Cette mise en demeure a expiré ce mercredi vers 14h. Conformément à la charte de stabilité sociale propre au secteur, une procédure de conciliation sera lancée ce jeudi auprès du service publoic fédéral Emploi, avec la désignation d'un médiateur indépendant.

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