Tout comme lundi, les portes de l’usine Audi Brussels sont fermées ce mardi, la direction se refusant à relancer la production tant que les syndicats n’auront pas rendu les clefs de 200 véhicules subtilisés par protestation. Les travailleurs réclament, eux, davantage de précisions sur leur avenir, alors que la direction a fait savoir qu’aucun nouveau modèle ne sera encore construit dans l’usine bruxelloise du groupe. Selon le porte-parole de l’usine, les syndicats et la direction seraient néanmoins en discussion pour convenir d'un "moment de concertation".
Les portes de l'usine Audi à Forest restent fermées, une concertation en vue entre syndicats et direction ?
D’après le syndicat socialiste, quelque 150 travailleurs se seraient rassemblés ce mardi matin aux portes de l’usine forestoise. Ceux qui veulent se remettre au travail ne peuvent le faire, la direction ayant décidé de maintenir la production à l’arrêt tant que les clefs de 200 véhicules ne lui auront pas été rendues.
"Les travailleurs sont fâchés que les portes soient fermées sans aucune concertation", précisait le syndicat socialiste. "Je m’attends au même scénario qu’hier : les gens viennent prendre la température, parler avec des collègues et puis rentrent chez eux".
Le conflit s'envenime
"Les partenaires sociaux ont demandé de se mettre autour de la table. On va se mettre autour de la table", a indiqué le porte-parole d’Audi Brussels, sans plus de détails. La date de cette réunion n'a pas encore été fixée. Selon les syndicats, le président de la commission paritaire a contacté les deux parties en conflit.
Ludovic Pineur, secrétaire permanent CNE Industrie, indique pour sa part que les organisations syndicales attendent "un signe positif de la direction pour se voir soit ce mardi en fin de journée, soit mercredi matin". Il dit ne pas disposer "d'autres informations" à ce stade.
Le conflit s'est envenimé chez Audi Brussels dernièrement. Alors que la production devrait reprendre la semaine dernière après deux mois de pause estivale, les ouvriers n'ont pas repris le travail. Ils avaient été informés la veille de la reprise prévue que l'usine ne recevrait pas de nouveau modèle à assembler. Depuis, la tension monte. Les syndicats ont ainsi confisqué les clefs de 200 voitures prêtes à être livrées.
La direction a, en réaction, décidé de faire fermer l'usine et de suspendre les salaires. Elle a également menacé les travailleurs de poursuites pénales. Les syndicats ont alors fait appel lundi à un huissier pour qu'il acte le "lock-out" de l'entreprise, qui empêche les travailleurs d'entrer sur le site.

