Les citoyens de Flandre vont pour la première fois connaitre des élections communales et provinciales sans obligation de vote, grâce à l’adoption il y a 3 ans d’un décret réformant les élections locales en Région flamande. Le gouvernement régional compte cependant bien inciter ses citoyens à se déplacer vers l'isoloir dimanche 13 octobre. La ministre libérale Lydia Peeters a défendu ce mardi la décision d'abolir l'obligation de vote ("Nous étions l'un des derniers pays d'Europe dans ce cas", soulignait-elle), tout en lançant officiellement... une campagne soulignant l'importance d'aller voter.
La Flandre lance une campagne pour inciter ses citoyens à aller voter le 13 octobre
La campagne sera diffusée via les écrans de télévision et les médias sociaux, dans le but d'inciter les électeurs potentiels à consulter le site web Vlaanderenkiest.be (ce qui signifie en néerlandais à la fois 'la Flandre vote' et 'la Flandre choisit'). Ce dernier décrit notamment ce qui change lors de ces élections communales et provinciales. Les bourgmestres y seront notamment élus plus directement.
Les conséquences de l'abolition du vote obligatoire en termes de participation et de résultats électoraux restent de l'ordre de l'hypothèse. Un politologue de l'Université de Gand, Bram Wauters, a estimé qu'entre 70 et 80% des citoyens concernés viendront voter malgré l’abolition de la contrainte. Une estimation jugée crédible par l'administration.
La Flandre pourrait cependant bien discuter d'une réintroduction de l'obligation de vote, sous la prochaine législature. Le parti socialiste Vooruit, qui devrait intégrer la nouvelle majorité, estime en effet que c'était une erreur de l'abolir.
"Ne parlez pas de politique que chez le coiffeur"
L’une des actions concrètes liées à cette campagne de sensibilisation était l’installation d’un salon de coiffure pop-up, ce mardi matin, dans le grand hall de la gare centrale d’Anvers. Les voyageurs pouvaient s’y faire coiffer gratuitement.
“Les gens parlent souvent de politique communale quand ils sont chez leur coiffeur, chez le boucher ou au bistro. Ils y discutent alors, par exemple, de l’importance d’un nouvel arrêt de bus. Nous voulons leur rappeler qu’ils peuvent influencer leur environnement de vie en allant voter le 13 octobre", expliquait à Radio 2 Adel Mouchalleh de l’Agence de l’administration intérieure, organisatrice de la campagne.
Sur le salon de coiffure pop-up, un slogan : "Ne faites pas entendre votre voix uniquement chez le coiffeur, mais aussi dans l’isoloir le 13 octobre".
Une dame qui s’était laissé tenter par une coupe gratuite commentait : "Je n’aurais jamais cru me faire coiffer gratuitement à la gare centrale d’Anvers. J’ai adoré. On m’y a expliqué qu’il était important d’aller voter. Je vais certainement le faire. J’étais déjà convaincue, mais cela a renforcé ma conviction".
Un autre navetteur expliquait être en voyage dimanche 13 octobre mais vouloir donner une procuration à un proche. "Bien que le vote ne soit plus obligatoire aux communales, je veux participer au scrutin".
