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Un feu de protestation a été allumé devant l'usine à Forest

L'usine Audi Brussels reste fermée, la direction est prête à relancer la production si les clefs de 200 voitures sont rendues

Un huissier de justice s'est rendu ce lundi matin sur le site d'Audi à Forest, à la demande des syndicats, pour constater la fermeture de l'usine. La direction du constructeur automobile a demandé aux travailleurs de rester chez eux, à la suite de leur refus de reprendre le travail la semaine dernière après la pause estivale. Quelque 150 membres du personnel qui souhaitaient travailler se sont donc trouvés devant une porte close. Une centaine de travailleurs sont toujours présents devant l'entrée du site et bloquent le boulevard de la Deuxième Armée Britannique. La direction d’Audi Brussels se dit prête à reprendre la production, dès que le personnel lui rendra les clefs de quelque 200 véhicules dérobées la semaine dernière.

Anne François Belga
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"Notre huissier de justice a quitté les lieux pour dresser son procès-verbal. Nous attendons le suivi juridique", a indiqué le délégué CNE Ludovic Pineur, vers 7h30 ce lundi matin devant l’entrée de l’usine forestoise. "L’atmosphère est calme actuellement", précisait Jan Baetens du syndicat chrétien. Selon les syndicalistes, aucune évacuation n'est prévue et les manifestants ont l'accord de la police et de la bourgmestre de Forest, Mariam El Hamidine. Ronny Liedts, de l'ACV Metea, affirme quant à lui que la direction d'Audi organise un "lock-out" au mépris du dialogue social.

Le rassemblement de membres du personnel devant l'usine de Forest a débuté après l'annonce de la direction, dimanche en début de soirée, de maintenir l'usine fermée jusqu'à ce que les travailleurs acceptent de reprendre "normalement" la production et d'expédier les voitures aux distributeurs. Le porte-parole d'Audi Brussels, Peter D'hoore, a de son côté assuré que la direction ne s'opposait pas à la réouverture de l'usine, mais que cela n'avait pas vraiment de sens actuellement.

Devant l'usine Audi ce lundi matin

La direction exige en outre que les syndicats rendent les clés des voitures avant midi, afin qu'elles puissent être livrées aux concessionnaires, et qu'ils envoient un signal indiquant qu'ils souhaitent que la production démarre normalement. "Nous espérons que le bon sens l'emportera", a ajouté Peter D'hoore. Les clés d'environ 200 voitures avaient été "confisquées" jeudi par des membres du personnel. Les syndicats avaient alors indiqué qu'aucun véhicule ne quitterait l'usine tant qu'ils n'obtiendraient pas d'éclaircissements quant à l'avenir de l'entreprise. La direction menace de déposer une plainte au pénal.

Face à cette annonce, les syndicats comptent se réunir ce lundi soir pour examiner "la façon la plus appropriée de réagir demain et les prochains jours". "Il est à présent clair que la direction recherche la confrontation directe avec les travailleurs", déplore le camp syndical. Alors que la production devait progressivement reprendre à partir de mercredi dernier, après des semaines de fermeture et de chômage économique, les ouvriers ont décidé collectivement de se croiser les bras. Cette décision est notamment intervenue après l'annonce du groupe Volkswagen, la veille, de ne pas attribuer de nouveau modèle à l'usine bruxelloise.

Face aux nombreuses interrogations, les employés de tous les départements ont été informés ces derniers jours de la situation actuelle. "Chacun a également eu l'occasion de dialoguer avec son responsable et les partenaires sociaux et d'échanger des points de vue avec ses collègues. Les collaborateurs en ont profité et sont restés calmes. Nous leur en sommes très reconnaissants", a indiqué Peter D'hoore.

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