Des objets contenant de l'amiante sont encore toujours vendus, en Belgique. Pourtant, la vente de ces objets est illégale chez nous depuis 25 ans, car l'amiante est cancérigène. Or, on trouve facilement des bacs à fleurs, des sièges de jardin et même des niches pour chiens en amiante-ciment en vente, tant sur des sites de seconde main que dans des magasins. Ces produits sont même parfois vendus à des prix élevés, alors qu’ils représentent un danger réel pour la santé.
Des objets contenant de l’amiante toujours en vente, malgré l'interdiction
Du mobilier de jardin dont le prix s'élève à plusieurs milliers d'euros. Pour une niche en amiante-ciment, on demande jusqu’à 800 euros. Des bacs à fleurs et les jardinières en amiante-ciment se vendent aussi facilement, tant en ligne que dans les magasins de seconde main. Il s'agit souvent de produits anciens, tels que des vasques de jardin et des meubles des années 1950 et 1960, joliment présentés comme des pièces décoratives.
La possession de ces objets est autorisée pas leur vente
Vous pouvez posséder des objets contenant de l'amiante, à condition qu'ils soient en bon état. Mais il est interdit de les vendre. C'est ce que confirme l'OVAM, l'agence publique des déchets de Flandre. Cette réglementation est en vigueur depuis 1998. L'objectif de cette réglementation est que les objets contenant de l'amiante disparaissent peu à peu de la circulation. Mais cela ne fonctionne âs vraiment.
"La vente d'articles de sonde main n'est pas non plus autorisée", explique Jan Verheyen, porte-parole de l'OVAM. "Ces produits n'ont pas une durée de vie éternelle et, avec le temps, ils commencent à s'altérer, ce qui libère des fibres d'amiante. Nous savons suffisamment bien que c'est dangereux pour la santé publique".
Même en petites quantités, les fibres d'amiante peuvent provoquer de graves maladies pulmonaires, dont le mésothéliome (cancer du poumon, ndlr) et d'autres cancers.
Comment reconnaître qu'il s'agit d'objets contenant de l'amiante ?
L'amiante a été couramment utilisé dans les matériaux de construction jusque dans les années 1990. Pensez aux toits en tôles ondulées, aux ardoises et aux tuyaux, mais aussi, par exemple, aux dalles en vinyle, aux jardinières, aux lambris, à certaines colles, au mastic et au cordon d'étanchéité.
Les matériaux en amiante-ciment ont souvent une structure gaufrée en forme de nid d'abeille. Il existe des astuces pour identifier l'amiante, mais elles ne sont pas toujours correctes. Si vous voulez être absolument certain, vous pouvez faire effectuer un test par un laboratoire reconnu.
Vous trouverez plus d'informations sur la reconnaissance de l'amiante et sur la manière de l'éliminer en toute sécurité sur le site de l'OVAM.
Des meubles design en amiante
En Belgique, c'est surtout l'entreprise Eternit qui est connue comme producteur d'amiante. Dans les années 1950 et 1960, Eternit a engagé le célèbre designer suisse Willy Guhl pour concevoir des objets et des meubles en amiante.
Guhl a conçu plusieurs pièces emblématiques en fibrociment avec de l'amiante, dont la célèbre "Loop Chair". Il a également conçu la niche pour chiens. Aujourd'hui encore, ces créations sont considérées comme ayant une valeur esthétique. Mais les acheteurs doivent être conscients du danger. Pourtant, on demande parfois beaucoup d'argent pour des pièces contenant de l'amiante.
Ignorance ou mépris délibéré
Maarten Vanbuel, président de l'Association des entreprises de désamiantage, souligne la nécessité d'une meilleure application de la législation et d'une sensibilisation accrue. "Beaucoup de gens ne sont pas conscients des risques. Certains vendeurs et acheteurs ne savent même pas que leurs produits contiennent de l'amiante", déclare Maarten Vanbuel.
"Lorsque le fibrociment s'altère, il y a un risque que les fibres d'amiante, invisibles mais dangereuses, soient libérées. L'altération n'est pas illogique pour des équipements de jardinage vieux de plusieurs dizaines d'années".
"Oui mais la même chaise est conservée au musée du design"
En visitant plusieurs magasins vintage à Bruxelles, nous sommes tombés sur des pots de fleurs contenant de l'amiante de la marque Eternit. Ces articles sont souvent vendus sans avertissement clair.
Les entretiens avec les vendeurs, en ligne et dans les magasins, montrent qu'ils ne sont souvent pas conscients des dangers de l'amiante ou qu'ils les ignorent tout simplement. Dans l'une des interviews, un vendeur a déclaré qu'il "se moquait" que son produit contienne de l'amiante.
Un autre vendeur a souligné que le même article qu'il vendait, contenant de l'amiante, se trouve même au musée du design de Gand et que cela ne devrait donc pas poser de problème. Un autre vendeur encore était d'avis que l'objet était sans danger "à condition de ne pas le dépoussiérer", recommandant de ne pas poncer les objets ou de ne pas les travailler avec une meule.
Que peuvent faire les consommateurs ?
Les consommateurs qui possèdent des produits contenant de l'amiante peuvent simplement les conserver, à condition qu'ils soient en bon état. La possession n'est pas interdite. Mais il est important de ne pas les endommager, les abîmer ou les manipuler, car cela augmente les risques de libération des fibres dangereuses et invisibles. Les fibres peuvent également être libérées lorsque les objets sont exposés aux intempéries.
Les personnes qui souhaitent se débarrasser de leurs objets contenant de l'amiante peuvent les apporter sans problème au parc à conteneurs, correctement emballés. "Il est très préoccupant de constater que ces produits sont encore vendus et achetés", a déclaré Maarten Vanbuel. "Il est urgent de renforcer la sensibilisation et la mise en œuvre afin d'empêcher les gens de mettre leur santé en danger en faisant le commerce de ces objets dangereux."
