Avant d'annoncer sa sélection pour les deux matchs des Diables Rouges contre Israël (6 septembre à Debrecen, en Hongrie) et la France (9 septembre à Lyon), le sélectionneur Domenico Tedesco a pris le temps de revenir sur l'Euro, conclu avec une élimination en huitièmes de finale. "Nous n'en avons profité à aucun moment", a confié le sélectionneur en conférence de presse, vendredi, à Tubize.
Le sélectionneur national Domenico Tedesco fait son auto-critique après l'Euro
Tedesco a analysé en détail le tournoi, à commencer par la défaite 0-1 contre la Slovaquie. "C'est le tout premier match que nous perdions ensemble. J'aurais préféré perdre avant, pour connaître cette sensation de perdre ensemble. Mais c'est arrivé là. Pourtant, sur plein d'aspects, c'était positif. Si on rejoue ce match dix fois, on le gagne neuf fois. Cette défaite nous a mis la pression pour le match contre la Roumanie. Pour beaucoup de choses ce match était bon, mais pour certains aspects le match contre la Slovaquie était meilleur", a résumé Tedesco.
Une mauvaise communication
Le match nul contre l'Ukraine a été un 'game changer', estime le sélectionneur. "C'était un match clé. Nous voulions le gagner, mais ce n'est pas ce que nous avons montré. Nous avons perdu nos principes pour la première fois. Nous n'avons pas été assez courageux. C'est ma responsabilité. Je n'ai pas trouvé les mots à la mi-temps. En y repensant, j'aurais fait les choses différemment, y compris pour les changements", a confié le sélectionneur, qui reconnaît aussi une erreur de communication ensuite. "Je n'aurais pas dû parler de la police de Stuttgart après ce match, ce n'était pas nécessaire."
Après ce match, "l'état d'esprit a changé, les sensations n'étaient plus les mêmes", estime Tedesco. Il y a ensuite eu le huitième de finale perdu contre la France. "Nous nous sommes trop adaptés à l'adversaire. Nous avons perdu notre pressing et nos points forts. Nous continuerons à analyser notre adversaire à l'avenir, mais là, nous nous sommes trop adaptés à eux." Tedesco reconnaît que les Bleus ont "été meilleurs et ont eu plus d'occasions."
"Ce qui est dommage, c'est que nous n'avons profité à aucun moment durant le tournoi", a poursuivi Tedesco. "Le premier match perdu nous a mis de la pression. Nous n'avons pas pu célébrer le deuxième car il fallait se qualifier contre l'Ukraine. Même là, il n'y a pas eu un moment de joie. Or c'est important dans un tel tournoi d'avoir un ou deux moments de joie collective."
Il faut mettre plus d'intensité, mieux utiliser nos points forts et jouer plus libre.
Domenico Tedesco.
Tedesco veut tirer les leçons de cette expérience. "Il faut mettre plus d'intensité, mieux utiliser nos points forts et jouer plus libre."
A 38 ans, l'entraîneur italo-allemand disputait son premier grand tournoi international. "Mais ce n'étaient pas mes premiers matchs importants, je ne me sens pas inexpérimenté", a relativisé Tedesco. "L'évaluation la plus dure est avec moi-même, je suis très critique envers moi-même. J'essaie de voir où je peux progresser. On prend des décisions, on tente des choses. Parfois cela fonctionne, parfois pas."
