La réunion des cinq partis de l'Arizona consacrée au choix du commissaire européen s'est achevée jeudi vers 14h30 sans annonce du nom du futur commissaire européen.
Didier Reynders ou Hadja Lahbib : qui sera le prochain commissaire européen belge ? Et pourquoi cela prend-il tant de temps ?
Les présidents de la N-VA, du MR, des Engagés, de Vooruit et du CD&V se sont retrouvés à midi à la présidence de la Chambre. À l'ordre du jour de cette première réunion des cinq partis depuis l'échec de la mission de formation de Bart De Wever se trouvait le choix du candidat belge à la Commission européenne attendu par Ursula von der Leyen pour ce vendredi.
Aucune décision n'a été communiquée à l'issue de la réunion. La N-VA, premier parti de la future probable coalition, n'est pas intéressée par le poste et devrait livrer le Premier ministre en la personne de M. De Wever, entendait-on. La question se reporte donc du côté francophone puisque, en règle générale, si le chef du gouvernement est d'un rôle linguistique, le commissaire européen est de l'autre rôle. En l'occurrence, c'est le MR, deuxième parti de l'Arizona qui est concerné. Dans l'après-midi, à l'issue de la réunion, l'on indiquait d'ailleurs à bonne source que l'affaire devait être réglée entre le MR et les Engagés.
Pourquoi ce choix prend-il autant de temps ?
Jusqu'à présent, c'est le nom du commissaire sortant Didier Reynders (MR) qui circule. L'homme s'est porté candidat à sa succession dès le 7 juillet mais le prix à payer par le MR dans la répartition future des postes ministériels semble être le principal obstacle à sa reconduction. Le mandat de commissaire européen pèse lourd et pourrait restreindre le choix des libéraux francophones quand viendra l'attribution des compétences fédérales... à une échéance incertaine, la perspective de former un gouvernement fédéral avant les élections communales s'éloignant de plus en plus. Qui plus est M. Reynders a aujourd'hui 66 ans et ne s'est pas présenté aux dernières élections.
D'après le professeur de politique européenne à l'UGent, Hendrik Vos, la présidente de la Commission européenne "Ursula von der Leyen aurait aimé une Commission comptant plus de femmes, voire une parité homme/femme" déclare le professeur Vos. "Elle n'y parviendra pas. Pour l'instant, seuls sept des 27 noms sont des femmes. Par conséquent, si vous présentez une femme de notre pays maintenant, vous aurez peut-être, même si c'est très tard, une chance d'obtenir un portefeuille un peu plus lourd que si vous présentez à nouveau Reynders".
L'hypothèse de voir Sophie Wilmès, actuellement députée européenne, à ce poste n'est pas d'actualité. La rumeur portait un autre nom en fin de journée, celui de la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib. Recrutée à la surprise générale en juillet 2022, l'ex-journaliste a succédé à Sophie Wilmès. Elle a été élue au parlement bruxellois le 9 juin et a participé activement à la présidence européenne exercée par la Belgique.
Autre élément qui complique la donne: la phase de formation a échoué la semaine passée. L'Arizona se trouve au milieu du gué, dans un processus de médiation mené par le président des Engagés. Nul ne sait quand la formation proprement dite du gouvernement reprendra. M. Prévot doit faire rapport au Roi lundi.
