Le conseil d'administration de l'université d'Anvers a décidé de poursuivre un projet de recherche en cours avec l'université israélienne Hebrew University of Jerusalem, malgré l'avis négatif de sa Commission éthique des droits de l'Homme. L'université en question se montre critique à l'égard du gouvernement israélien en place, justifie le recteur démissionnaire Herman Van Goethem.
L'université d'Anvers poursuit son partenariat avec une université israélienne malgré un avis interne négatif
Depuis le printemps dernier, les universités de différents pays sont invitées à rendre des comptes concernant leurs collaborations avec leurs vis-à-vis israéliennes. De nombreux mouvements estudiantins soutiennent la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien et appellent les instances à ne pas appuyer indirectement l'Etat hébreu. A Anvers, un collectif a occupé pendant six semaines un bâtiment de l'université, exigeant des mesures de la part des responsables académiques. Il a été décidé que tous les projets en cours seraient analysés afin de voir si le partenariat ne va pas à l'encontre des droits de l'Homme.
En ce qui concerne celui lié à l'Hebrew University of Jerusalem, la Commission de l'UA a entre-temps émis un avis négatif, pointant notamment "les contributions de l'université israélienne aux programmes de formation de l'armée nationale." Le recteur Van Goethem estime toutefois que ce n'est pas un fondement assez solide pour interrompre la collaboration. Il affirme que l'université concernée doit elle-même être entendue. Il a donc demandé de revoir l'avis interne et a mis le dossier sur la table du conseil d'administration.
Ce dernier a finalement décidé de poursuivre la collaboration. "Il ressort d'une analyse plus approfondie des risques et d'une concertation critique avec la hiérarchie de l'Hebrew University, qu'il n'y a pas d'indices d'implication de cette université dans des atteintes graves et/ou systématiques des droits de l'Homme", explique M. Van Goethem. "Les universités sont évidemment des biotopes pluralistes, mais dans son rôle, l'Hebrew University prône une politique critique envers les gouvernements Netanyahu successifs."
Herman Van Goethem sera remplacé le 1er septembre par le nouveau recteur, Herwig Leirs, qui a déjà fait savoir qu'il ne reviendrait pas sur cette décision prise par le CA.
