Les formateurs bruxellois, David Leisterh (MR), pour les francophones, et Elke Van den Brandt (Groen), pour les néerlandophones, ont réuni lundi soir six partis pour entamer des travaux d'analyse de la situation budgétaire de la Région dans l'attente de la constitution d'une majorité côté néerlandophone."Nous allons prendre notre temps tout en cherchant un quatrième parti", a souligné David Leisterh. En effet, du côté néerlandophone, il manque encore toujours un partenaire pour former une majorité. Mais pour Benjamin Dalle (CD&V), entamer des discussions sans majorité côté flamand est un "dangereux précédent".
Rencontre entre David Leisterh et Elke Van den Brandt en vue de la formation du gouvernement bruxellois
Les formateurs bruxellois doivent obtenir une majorité dans leur groupe linguistique, après quoi des négociations seront menées avec tous les partenaires potentiels en vue d'un accord de coalition.
Du côté francophone, David Leisterh a réussi à réunir le MR, Les Engagés et le PS autour de la table. Du côté néerlandophone, le puzzle n'a pas encore été résolu et quatre partis pourraient être nécessaires.
Hier a eu lieu la première réunion avec les partis désireux d'entrer dans un gouvernement bruxellois. Il s'agit des trois partenaires francophones (MR, Les Engagés et PS) et des partis néerlandophones disposés à le faire aujourd'hui : Groen, Open VLD et Vooruit, c’est ce qu’a déclaré David Leisterh à la Première (RTBF). En effet, le CD&V refuse pour le moment de faire partie de la coalition.
Il manque donc encore un parti néerlandophone pour entamer de véritables négociations de gouvernement.
"Le budget de Bruxelles est l'un des plus complexes du pays"
"Nous essayons d'être aussi créatifs que possible, nous n'allons pas créer un poste ministériel supplémentaire. Nous avons réussi à réunir les partis francophone et néerlandophone pour la première fois hier soir", a expliqué David Leisterh. Même s'il est conscient que ce ne sera pas facile, il voit autour de la table des gens qui "veulent travailler".
A présent nous allons entamer l'analyse budgétaire avec les partis de la potentielle coalition. "Le budget de Bruxelles est l'un des plus complexes du pays. Cette analyse ne se fera pas dans la précipitation".
"Nous allons prendre notre temps", déclare David Leisterh," mais parallèlement, avec Elke Van den Brandt, nous allons rechercher intensivement un quatrième partenaire pour obtenir une majorité au Parlement."
Interrogé ce mardi dans l’émission "De ochtend" (VRT), Elke Van den Brandt a admis que la situation était très difficile du côté néerlandophone. Elle tente de former une coalition quadripartite, mais il n'y a que trois postes ministériels.
"Comment garantir que le quatrième parti puisse peser sur la politique et surveiller la ligne du gouvernement ? "Je suis consciente qu'il s'agit d'une question très difficile, mais lorsque Groen étaient beaucoup plus petits, nous avons fait cela et nous avons obtenu la majorité", a-t-elle poursuivi.
Selon Mme Van den Brandt, les six partis qui se sont réunis lundi ont convenu d'analyser ensemble la situation budgétaire et de voir comment parvenir à un équilibre. "Chaque accord de coalition commence par le budget, qui doit être présenté au Parlement en temps voulu. Entre-temps, la porte est ouverte à un parti supplémentaire", a déclaré Elke Van den Brandt. Avec l'exercice à six, "les partenaires potentiels savent dans quelle direction nous allons".
"Une majorité du côté néerlandophone est absolument nécessaire"
Elle a souligné qu'une majorité néerlandophone était absolument nécessaire. Par exemple, les pouvoirs de la Commission communautaire commune requièrent une double majorité, et une majorité est également nécessaire au sein de la Commission communautaire flamande (CCF).
C'est pourquoi Elke Van den Brandt intensifie les contacts avec les autres partis, le CD&V, la N-VA et la Team Ahidar. Cette dernière formation pose des difficultés tant du côté francophone que du côté néerlandophone : "Cette piste n’est pas encore envisageable".
Benjamin Dalle : "Entamer des discussions sans majorité côté flamand est un dangereux précédent"
Entamer des discussions budgétaires en Région bruxelloise sans encore disposer d'une majorité côté néerlandophone est un "dangereux précédent", a réagi mardi Benjamin Dalle, le chef de file CD&V dans la capitale.
"J'ai dit clairement en juin que le CD&V ne dépannerait pas l'arc-en-ciel sortant de la majorité flamande (à Bruxelles). Contrairement à ce qu'affirment certains, cela n'a rien à voir avec d'éventuels mandats ou fonctions", a commenté M. Dalle, interrogé par Belga.
"Le problème, c'est que nous ne pouvons pas soutenir la vision que l'arc-en-ciel a pour Bruxelles. Tant au niveau de la propreté, de la sécurité, du respect pour la langue néerlandaise, de l'emploi que du budget. Pour tous ces sujets, les ambitions du CD&V ne correspondent pas à la majorité en place."
"Vu que nous ne pourrons pas, en tant que quatrième parti, peser pour nous débarrasser de manière radicale de la politique (menée par le précédent gouvernement, NDLR), nous avons déjà communiqué de longue date notre choix à la formatrice néerlandophone", a ajouté M. Dalle.
Le fait que des discussions commencent à Bruxelles sans qu'une majorité flamande n'ait été rassemblée constitue à ses yeux un "dangereux précédent" pour la gestion de la Région bilingue. M. Dalle y voit en outre "un manque de respect pour les Néerlandophones de Bruxelles".
Cieltje Van Achter, la cheffe de file de la N-VA, n'a pas souhaité commenter mardi l'ouverture de discussions entre les six partis.
