L'assemblée générale du personnel d'Audi Brussels, qui a réuni environ 1.300 travailleurs ce vendredi matin à Forest National, s'est déroulée dans une ambiance électrique, sans apporter de nouvelles informations sur l'avenir de l'usine bruxelloise. Syndicats et personnel ont néanmoins appris que la reprise de la production, prévue initialement le 20 août, pourrait avoir lieu le 2 septembre. Le ministre bruxellois sortant de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Bernard Clerfayt, a reçu les syndicats d'Audi ce vendredi. Il leur a exposé les initiatives prises par la Région pour se préparer à la restructuration annoncée par le constructeur automobile, qui menace plus de 2.600 emplois.
L'avenir d'Audi Brussels reste incertain après une assemblée générale sans annonce concrète
Selon Pascal Debrulle, délégué FGTB, la direction a été huée du début à la fin de la réunion qui a été ponctuée de sifflets et de cris. "Rien de neuf n'a été annoncé. La direction nous demande de rester calmes, évoque des projets à venir et la recherche de solutions, mais rien de concret n'est sur la table", a déploré le délégué. "Si la direction n'apporte à l'avenir aucun élément neuf, ça va dégénérer".
Même son de cloche du côté du délégué CSC Maurizio Sabatino: "C'est bien beau de parler d'alternatives, encore faudrait-il les connaître ! Tout reste flou, nous sommes dégoûtés", a-t-il fustigé, ajoutant que les travailleurs étaient "furieux et en colère" face au manque d'informations concrètes. La direction, de son côté, a insisté sur sa volonté de trouver des solutions pour l'avenir du site, en concertation avec les partenaires sociaux. Des discussions avec ces derniers sont prévues la semaine prochaine.
"Nous sommes autour de la table et cherchons des solutions", a appuyé Peter d'Hoore, porte-parole d'Audi Brussels. "Il est encore trop tôt pour évoquer des pistes concrètes", mais la direction se dit confiante quant à la possibilité de trouver une solution. Elle aurait également évoqué la possibilité d'investisseurs externes, sans donner plus de détails.
Reprise de la production le 2 septembre ?
La reprise de la production, initialement prévue pour le 20 août, a été reportée au 2 septembre. Cependant, les syndicats constatent très peu d'empressement à reprendre le travail tant que le personnel ne dispose pas de perspectives. Les travailleurs bénéficieront de congés payés, tandis que les centaines de sous-traitants seront encore sous le régime du chômage économique. Un nouveau conseil d'entreprise extraordinaire est prévu le 5 septembre prochain.
Audi a annoncé le 9 juillet dernier son intention de restructurer l'usine bruxelloise, laissant planer la menace d'une fermeture et la suppression potentielle de 1.500 emplois dès octobre prochain, puis de plus de 1.100 autres emplois l'année prochaine. Si le constructeur automobile avait alors indiqué qu'aucune décision définitive n'était prise, la fermeture de l'usine dès la fin 2025 est une possibilité. Différentes options sont étudiées, comme l'arrivée d'un nouveau modèle, la production de pièces détachées ou l'arrivée d'investisseurs extérieurs.
La Région bruxelloise se prépare
Le ministre bruxellois sortant de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Bernard Clerfayt (photo), a reçu les syndicats d'Audi ce vendredi à Bruxelles. Il leur a exposé les initiatives prises par la Région pour se préparer à la restructuration annoncée par le constructeur automobile. Une cellule de crise a ainsi été mise sur pied avec les différents organismes régionaux de l'emploi (Actiris, Bruxelles Formation, le Forem et le VDAB). Les interlocuteurs sociaux seront associés prochainement, a expliqué Bernard Clerfayt après avoir rencontré les syndicats.
Dans le cadre de la procédure Renault, Audi devra prendre en charge le reclassement professionnel (outplacement) des travailleurs licenciés pendant trois mois, voire six s'ils ont plus de 45 ans. Ensuite, les organismes publics régionaux prendront le relais. En fonction de leur lieu de résidence, les demandeurs d'emplois seront dirigés vers Actiris, le Forem ou le VDAB. "Les organismes se préparent à accompagner des centaines de travailleurs. Ils se voient toutes les trois semaines", résume Bernard Clerfayt.
On ne connaît pas encore la proportion de Flamands, de Bruxellois ou de Wallons dans les licenciements, ni les profils qui seront licenciés en premier. On estime que l'usine compte 15% de Bruxellois, 40% de Wallons et 45% de Flamands. Certains profils devraient toutefois retrouver rapidement du travail. Actiris a reçu des demandes de renseignements de plusieurs entreprises qui sont intéressées, selon Clerfayt. Dans la zone Bruxelles-Brabant wallon-Brabant flamand, 5.800 emplois sont vacants dans le secteur de l'industrie. "Les travailleurs spécialisés auront des opportunités dans d'autres secteurs industriels avec une formation complémentaire", soutient le ministre.

