Le formateur fédéral Bart De Wever (photo) demandera ce jeudi soir au Roi d'être déchargé de sa mission, 74 jours après les élections du 9 juin. Le président de la N-VA l'a annoncé dans un message WhatsApp aux présidents des partis CD&V, Vooruit, MR et Les Engagés qui devaient composer avec son parti la coalition dite 'Arizona'. "Si tous les cinq n'en veulent pas, il n'y a pas grand-chose d'autre à faire", a indiqué le formateur. Le roi Philippe recevra De Wever à 20h15 au Palais de Bruxelles.
Echec des négociations fédérales : Bart De Wever renonce à sa mission de formateur
Plus tôt dans l'après-midi, il est apparu que le parti libéral francophone MR avait rejeté l’ultime proposition de réforme fiscale présentée par le formateur aux partenaires potentiels. Bart De Wever a introduit, dans sa nouvelle proposition, deux exceptions à la taxe sur les plus-values, qui cristallise les tensions entre le MR, qui ne veut pas en entendre parler, et les socialistes de Vooruit, pour qui c'est un élément essentiel. Il s'agissait d'une nouvelle exonération et de l'élargissement d'une exonération existante.
Selon cette proposition, aucun impôt sur les plus-values n'aurait dû être payé pour les actions cotées détenues en portefeuille pendant plus de dix ans. Et pour les entrepreneurs qui détiennent une participation de plus de 5% dans une entreprise, l'exonération serait passée de 2,5 millions d'euros à 5 millions d'euros.
Une précédente note de Bart De Wever prévoyait 500 millions d'euros de recettes via cet impôt sur les plus-values. Avec ces nouvelles exemptions, les recettes estimées seraient tombées à 120 millions d'euros. Cette baisse aurait été compensée par 180 millions d'euros issus de revenus supplémentaires provenant de la taxe sur les valeurs mobilières. Mais cette proposition n'a pas reçu l'aval du MR. Le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez (photo) aurait envisagé des contre-propositions, mais selon un négociateur, on n'en attendait plus grand-chose.
Il s'agit d'un nouveau blocage pour les négociateurs des cinq partis pressentis pour composer la future coalition fédérale (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit et CD&V). Ils s'étaient quittés dans la nuit de mercredi à jeudi vers 1h30 du matin, sans accord. Le formateur De Wever a donc annoncé par WhatsApp aux présidents des partis, ce jeudi après-midi, qu’il demandera au souverain d’être déchargé de sa mission, lors de leur entrevue à 20h15. Le roi Philippe pourrait alors entamer une nouvelle série de consultations pour désigner un nouveau formateur.
Déception des négociateurs
Tant le président du CD&V que celui de Vooruit, Sammy Mahdi et Conner Rousseau, ont exprimé sur Instagram leur vive déception après la décision de Bart De Wever de rendre sa mission au Roi.
"Nous avions une opportunité unique de mettre sur pied, avec une vitesse inédite, un gouvernement fédéral ambitieux. C’est amer", déclarait Sammy Mahdi. Il affirmait vouloir “laisser reposer un peu cette décision, mais nous n’abandonnerons pas". Il remerciait le formateur "et toutes les personnes constructives des autres partis avec lesquelles j’ai été en réunion de travail pendant des heures, des jours et des nuits".
"Quelle honte, quel dommage", s’exclamait de son côté Conner Rousseau. "La Belgique se trouve devant l’un des plus grands défis de son histoire. Pour y parvenir, il faut oser, avoir du courage et le sens de la justice".
Le président de Vooruit pointe un doigt accusateur en direction des libéraux francophones. "Est-il juste que certains bloquent le fait que les plus grosses richesse contribuent de façon plus honnête ? Ce blocage a fait échouer nos efforts". Conner Rousseau affirme que son parti veut "continuer à discuter".
