Le ministre fédéral de l'Agriculture David Clarinval a participé ce lundi à la récolte des premières poires dans une entreprise de Halen (Limbourg), à l'invitation du Boerenbond. L'association d'agriculteurs flamands en a profité pour souligner l'importance de maintenir la compétitivité du secteur face à la concurrence étrangère, notamment en y autorisant les flexi-jobs. La récolte de cette année devrait être moins importante que celle de 2023 - avec une diminution de 26% environ -, en raison des gelées nocturnes, de la pluie et des orages du printemps.
La récolte des poires a commencé : "Moins de fruits, mais de bonne qualité"
"Nos entreprises sont très performantes en matière de durabilité", a martelé le CEO du Borenbond, Lode Ceyssens. "La récolte des poires est neutre pour le climat en Belgique." L'affirmation est appuyée par une étude de la KU Leuven. La production d'un hectare de poires, conservation comprise, émet ainsi moins de CO2 que la capacité d'absorption des arbres qui se trouvent sur cette surface. "Il faut par ailleurs s'assurer que de nouvelles charges éventuelles ne créent pas de handicap concurrentiel pour nos entreprises", a souligné Lode Ceyssens.
Le Borenbond se félicite cependant que la durée de travail autorisé pour les saisonniers ait été portée de 65 à 100 jours. Pas moins de 70.000 d'entre eux participent chaque année aux récoltes en Flandre. "Nous espérons que cette forme de travail flexible sera préservée à l'avenir." L'association se dit également prête à jouer un rôle significatif dans l'activation de personnes faiblement diplômées, de demandeurs d'asile et de chômeurs de longue durée.
"Notre secteur agricole est un vecteur de croissance durable", a salué le ministre fédéral de l’Agriculture, David Clarinval. "Durant la législature précédente, outre l'extension du travail saisonnier, des choses importantes ont été réalisées, comme le système carry-back qui consiste à reporter le déficit d'une entreprise sur le bénéfice de son dernier exercice. Le ministre promet aussi de rediscuter avec les syndicats des flexi-jobs dans le secteur de l’horticulture.
Enfin, les éleveurs bovins touchés par la maladie de langue bleue pourront bénéficier d'un report de paiement de leurs cotisations sociales." Dans les prochaines semaines, 133 millions de kilos de pommes et 279 millions de kilos de poires devraient être récoltés.
Moins de poires aux arbres
La Belgique est le plus grand pays producteur de poires en Europe, et la plus grosse partie de ces fruits sont cultivés dans le Limbourg. "Pour moi, la récolte de poires Conférence est bonne. Mais j’ai aussi 4 hectares de Durondeau qui sont vides, à cause du gel et de la grêle", expliquait le cultivateur Mark Nickmans à Radio 2.
Les poires sont cependant de bonne qualité cette année. "Elles sont belles et souvent un peu plus grosses, parce qu’il y a moins de poires aux arbres et qu’elles ont eu beaucoup d’eau", précisait le cultivateur Jef Helsen de Geel. "Nous aurons certainement aussi des poires pour le marché belge".
Mark Nickmans s’en tient volontairement à une entreprise de petite taille à Halen, pour parvenir à nouer les deux bouts. "Notre entreprise est restée la même depuis des années. Je travaille bien trop, mais je le fais volontiers. Mon père continue aussi à travailler, à l’âge de 89 ans. Mais nous ne voulons pas prendre de l’ampleur. Cela ne permet pas de gagner davantage, tout en apportant que des soucis supplémentaires. C’est notre expérience".
