Depuis 10 mois, le Zheng He, un navire de dragage appartenant à l’entreprise Jan De Nul, est immobilisé au large des côtes mexicaines. En cause ? Un désaccord sur une amende douanière de 96 millions d'euros. Les 36 membres d'équipage à bord ne sont pas autorisés à quitter le navire, même si un tribunal mexicain a déjà statué que le navire pouvait quand même quitter le port de Tampico.
Un navire de dragage de l'entreprise Jan De Nul bloqué depuis 10 mois au Mexique
En 2023, le navire de dragage Zheng He, de l’entreprise luxembourgeoise Jan De Nul, l'une des plus grandes société de dragage au monde, quitte les Bahamas pour rejoindre le port de Tampico au Mexique.
L'objectif de cette escale est très ambigu : selon le Luxembourg (où le navire est enregistré, ndlr), elle n'est faite qu'à des fins maritimes. Elle vise à changer d'équipage, à ravitailler le navire en carburant et à assurer sa maintenance.
Mais le Mexique a des doutes à ce sujet et affirme qu'il s'agit d'une question douanière. En outre, le navire ne serait pas en mesure de produire les documents nécessaires. Le Mexique considère donc le Zheng He comme une marchandise importée et exige des droits d'importation. 96 millions d'euros exactement, soit, selon le Mexique, la valeur marchande du navire.
36 membres d'équipage déjà 10 mois sur le navire
L'entreprise Jan De Nul - et le Grand-Duché Luxembourg - ne sont pas d'accord. Ils refusent de payer l'amende depuis 10 mois, avec toutes les conséquences que cela implique. "Il y a 36 membres d'équipage sur ce navire", explique Christa Sys, économiste des transports à UAntwerpen. "Ceux-ci ne sont pas autorisés à débarquer.
Lorsqu’on passe 10 mois sur un navire : la nourriture est-elle suffisante ? "Il y a toujours de la nourriture et des boissons pour une période supplémentaire. Mais en attendant, cela fait déjà 10 mois qu’ils sont à bord. S'il n'y a plus de provisions, il y auront un grand problème car le Mexique veille à ce que rien ne puisse entrer ni sortir du navire.
Le Mexique ignore la décision de justice
Pourtant, une action en justice a déjà été engagée et vient de révéler que le Mexique doit libérer le navire, et surtout son équipage. "Le Luxembourg a porté l'affaire devant le tribunal mexicain, qui a décidé que le Mexique avait tort. Pourtant, le Mexique ne libère pas le navire".
Les négociations diplomatiques n'ont rien donné non plus. Le Luxembourg a donc saisi le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) à Hambourg en juin. Mais ce tribunal a toutefois décidé de ne pas intervenir.
Le tribunal ne voit pas l'urgence de débarquer immédiatement l'équipage. "C'est très bizarre. Il n'arrive pas très souvent que des affaires soient portées devant ce tribunal, ils auraient pu se démarquer avec cette affaire", estime Christa Sys.
Le tribunal reste toutefois compétent pour juger l'affaire et devra rendre une décision finale. Reste à savoir ce qu'il en sera. D'ici là, le blocage de ce navire coûtera beaucoup d'argent à l’entreprise Jan De Nul.
En effet, les navires de dragage sont des bateaux techniques coûteux qui doivent également se conformer à de nombreuses réglementations. "Et il est possible que le navire soit radié du registre parce qu'il n'est plus en mesure de présenter tous les documents d'entretien corrects".
