La charge de la preuve devrait être inversée lorsque des personnes présentent un niveau de vie suspect par rapport à leur statut social. C'est ce que propose Ine Van Wymersch, la commissaire nationale aux drogues. Par exemple, les jeunes qui conduisent des voitures de luxe mais qui sont au chômage devraient prouver qu'ils ont obtenu cette voiture par une voie légale. En d'autres termes, ils devraient prouver qu’ils l’ont achetée avec de l'argent propre.
Pouvoir prouver le caractère légal de son patrimoine : un outil pour lutter contre les bandes de trafiquants de drogue
Ine Van Wymersch s’exprimait au micro de notre collègue Michaël Van Droogenbroeck, ce mardi matin, dans l’émission "De ochtend" (Radio 1). Elle insiste sur la prévention dans la lutte contre la drogue. La Région de Bruxelles a de nouveau été secouée par deux fusillades en pleine rue au début de ce mois mois.
"La violence liée à la drogue est liée à l'offre. Les organisations criminelles trouveront toujours un marché et mettront toujours de nouveaux produits sur le marché", souligne Mme Van Wymersch.
Mais selon la commissaire, "ce n'est pas en arrêtant les consommateurs que l'on va briser le système de revenu des gangs. La prévention et l'assistance constituent la première ligne, la répression la seconde, estime-t-elle.
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"Nous devons informer et sensibiliser la population : consommer de la drogue c'est financer une organisation criminelle". Mais pour apprendre aux gens à se comporter différemment, il faut aller plus loin", déclare Mme Van Wymersch. Pour elle, la solution consiste à briser le modèle des gains liés à la vente de drogue en impliquant les autorités fiscales. "Le renversement de la charge de la preuve impose de démontrer le caractère légal du patrimoine".
"Si les gens conduisent une voiture de luxe et n'ont pas de revenus légaux, ils devraient pouvoir fournir la preuve de la légalité de leur achat. Si ce n'est pas le cas, il devrait y avoir des pénalités fiscales", suggère-t-elle. Le système fonctionne dans d'autres pays européens. "Nous pouvons parfaitement l'introduire dans notre pays", conclut la commissaire aux drogues.

