Pas moins de 73% des salariés licenciés lors d'une procédure collective retrouvent du travail endéans les trois mois grâce à l'aide au reclassement - ou outplacement. C’est ce qui ressort des chiffres de la Fédération des prestataires de services en ressources humaines (Federgon), cités notamment par le quotidien De Tijd ce jeudi.
Près de trois quarts des salariés licenciés retrouvent du travail grâce à l'outplacement
Ces chiffres portent sur le premier trimestre de l'année, alors que plusieurs licenciements collectifs massifs ont eu lieu, notamment chez le constructeur automobile Audi à Forest, le constructeur de bus Van Hool à Koningshooikt, le groupe textile Beaulieu, le producteur de couches Ontex, les chaînes de magasins Decathlon et Esprit ou la coopérative laitière Milcobel.
Toute personne qui perd son travail dans le cadre d'un licenciement individuel ou collectif a généralement droit à une aide au reclassement, aux frais ou non de son ancien employeur. Dans le cas d'un licenciement collectif, les salariés de moins de 45 ans ont droit à 30 heures d'accompagnement, réparties sur trois mois, et les plus âgés ont droit au double, réparti sur six mois.
Au premier trimestre de cette année, cet outplacement a permis à 73% des personnes ayant fait l'objet d'un licenciement collectif de retrouver un emploi dans les trois mois. Il y a deux ans, ce chiffre n'était que de 50%, selon les chiffres de Federgon. Pour les licenciements individuels, Federgon constate que l'outplacement fonctionne également, avec un taux de placement aujourd'hui de 67% (contre 57% en 2022).
L'an dernier, on comptait déjà 15.420 procédures d'outplacement, un nombre bien plus élevé qu'en 2022 (10.683). Et au premier trimestre 2024, la tendance à la hausse se poursuit avec 3.958 parcours d'accompagnement.
Beaucoup de places vacantes
Le manque de main d’œuvre qualifiée sur le marché de l’emploi joue aussi un rôle important dans le succès de l’aide au reclassement de travailleurs licenciés. La liste des métiers dits “en pénurie” s’allonge d’année en année. Les nombreuses places qui restent vacantes permettent aux personnes licenciées de retrouver assez rapidement un emploi.
Le secteur constate aussi que l’attitude vis-à-vis de l’outplacement a changé. "Ce type d’accompagnement est nettement mieux accepté. Plus que par le passé, les gens considèrent d’un œil positif cette aide au reclassement qui leur donne l’occasion de reprendre une activité professionnelle", indiquait Annick Huybrechts du bureau d’outplacement Travvant au micro de l’émission "De ochtend" (Radio 1).
L’outplacement comprend aussi un accompagnement de la personne-même qui est en recherche d’un nouveau travail. "Elle reçoit un soutien émotionnel. L’accent est aussi mis sur le développ"ent personnel. Il s’agit donc de combiner l’accroissement des compétences et un meilleur bien-être personnel pour les demandeurs d’emploi à la suite d’un licenciement", constate Annick Huybrechts.
