Le nombre de foyers de fièvre catarrhale (maladie de la langue bleue) s'élève désormais à 222 dans notre pays, a indiqué ce mercredi l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). L’équarrisseur Rendac, qui est responsable de la collecte des animaux décédés, ne parvient plus à suivre le rythme des appels. Il y aurait quatre fois plus d’appels pour des moutons morts.
La fièvre catarrhale est une maladie virale transmise par de petits insectes que l'on rencontre tant chez les moutons que chez les bovins et autres ruminants. La maladie affecte particulièrement les moutons. La Belgique a longtemps été épargnée par la maladie, mais un foyer a été diagnostiqué en octobre 2023 dans un élevage de moutons à Merksplas (province anversoise). Le virus était déjà particulièrement actif aux Pays-Bas, mais une recrudescence des cas est également observée en Belgique.
Ce mardi, 222 foyers étaient recensés contre 194 la veille. Leur nombre s'élevait à 56 voici deux semaines environ (25 juillet) et la semaine dernière, le nombre d'infections a encore augmenté, selon la porte-parole de l'Afsca, Hélène Bonte. "Nous nous attendons désormais à ce que cela augmente encore avec des dizaines de contaminations par jour."
Selon les données les plus récentes, la plupart des foyers se concentrent à Anvers, dans le Limbourg et à Liège avec respectivement 52, 49 et 47 foyers. En Brabant flamand, ce nombre est environ de moitié inférieur, soit 25. Il y a 16 foyers en Flandre orientale et la Flandre occidentale est pour l'instant relativement épargnée avec un seul foyer.
Au sud du pays, on compte 12 foyers à Namur, 9 dans le Brabant wallon et 5 au Luxembourg et dans le Hainaut. La localisation d'un foyer doit encore être déterminée. L'infection persistera au moins jusqu'à la fin de l'été et en cas de températures élevées. Les insectes sont en effet moins actifs lorsqu'il fait plus froid.
La maladie de la langue bleue n'est pas dangereuse pour l'homme et les produits d'origine animale restent sûrs, précise l'Afsca.
"Quatre fois plus de décès de moutons"
L’entreprise d’équarrissage Rendac affirme ne plus parvenir à suivre les nombreux appels à venir chercher des cadavres de moutons, avant tout. "Nous faisons de notre mieux pour assurer un enlèvement de l’animal décédé endéans les 2 ou 3 jours", précisait le directeur Sebastian Feyten. "Alors que normalement nous parvenons à aller chercher 80% des cadavres le jour où ils nous sont signalés".
Le problème se situe surtout au niveau logistique, plutôt que pour détruire les cadavres. "Nous avons développé une capacité qui nous permet de faire face à pareille situation. Et des accords ont été passés avec les autorités. “Mais beaucoup d’annonces de décès nous parviennent en même temps, de divers coins du pays". Et Sebastian Feyten de préciser : "Pour la collecte des cadavres comme pour la communication, nous employons des étudiants jobistes supplémentaires. Cela permet de nous assurer que chaque appel est correctement traité".

