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Le ver plat parasite se propage lentement en raison du réchauffement climatique

La KU Leuven met en garde : nager dans le sud de l'Europe devient plus risqué à cause d'un parasite tropical

Le risque de schistosomiase, une maladie tropicale, augmentera fortement au cours du siècle en raison de l'émergence d'un ver plat parasite. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’Université catholique de Louvain, la KU Leuven. En cause, avant tout, le dérèglement climatique. Il permet aux escargots d'eau douce, qui transmettent le parasite tropical, de survivre dans plusieurs pays du sud de l'Europe. Les nageurs dans ces eaux doivent donc être prudents.

Anne François Belga
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La schistosomiase est une maladie tropicale provoquée par des vers plats parasites et transmise par des escargots d'eau douce (dont le Bulinus truncatus). Il s'agit de la maladie infectieuse qui se répand le plus vite après la malaria, avec plus de 200 millions de contaminations chaque année. Les êtres humains peuvent être infectés en se baignant dans des eaux douces contaminées, comme des rivières, des étangs et des lacs. "Il ne faut donc même pas boire de l’eau pour être contaminé. Le parasite vit librement dans l’eau infectée et se fraye un passage via la peau", explique le chercheur Tim Maes (KU Leuven).

Les symptômes typiques sont l'éruption cutanée, l'anémie, une douleur au ventre et la présence de sang dans l'urine ou les selles. La maladie peut également mener à l'infertilité, le cancer de la vessie, la fibrose du foie ou encore des retards de croissance ou d'apprentissage chez les enfants, quand elle n’est pas traitée.

"Il y a très peu de victimes mortelles de cette maladie. Mais elle peut avoir un impact majeur sur la vie d’une personne infectée. Heureusement, la maladie peut être facilement traitée avec des médicaments forts qui ont beaucoup d’effets secondaires. Il n’existe malheureusement pas de vaccin préventif", indique Tim Maes.

Dangereux pour les touristes

Les biologistes de la KU Leuven, le Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren et l'Université de Copenhague ont étudié les températures minimales et maximales auxquelles l'escargot d'eau douce peut survivre. "Nous constatons que les escargots peuvent facilement s'adapter à de nouvelles conditions", détaille le chercheur de la KU Leuven, Tim Maes. "Ils peuvent ainsi facilement coloniser de nouvelles régions comme l'Europe."

"Le parasite a besoin de deux choses pour se reproduire : un escargot d’eau douce et un humain. L’escargot d’eau douce survit actuellement déjà au sud de l’Espagne et en Corse, mais pourra émigrer davantage vers le nord grâce au réchauffement climatique", prévoit Tim Maes.

Les données ont été combinées avec des modèles qui prédisent le climat européen du siècle à venir dans le but d'estimer la répartition future de l'escargot. L'analyse indique que le climat dans de larges parties de l'Espagne, du Portugal, de la France, de l'Italie et de la Grèce sera propice à sa survie. “Les touristes belges risqueront alors d’être contaminés et de ramener le parasite dans notre pays".

"En Belgique, le parasite n’apparait pas encore et le risque est donc limité", ajoute le chercheur de la KU Leuven. Les scientifiques louvanistes conseillent néanmoins de ne pas nager en eau libre en vacances, ou du moins d’être très prudent à l’endroit où on le fait. "Il est évidemment très tentant d’aller se baigner dans le sud de l’Europe quand il y fait 35°C. Mais soyez ensuite très attentif à l’apparition éventuelle de symptômes".

Le parasite survit actuellement déjà en Corse

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