L'aéroport régional de d’Anvers, installé à Deurne, dispose d'un nouveau permis d'environnement assorti de conditions strictes, a annoncé mardi soir la ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir. Il devra notamment être fermé entre 23h et 7h du matin. Les riverains réagissent de façon mitigée. Deux groupes d’action locaux annoncent qu’ils porteront plainte au Conseil du contentieux des permis.
L'aéroport de Deurne obtient un nouveau permis d'environnement avec conditions, les riverains restent critiques
Parmi les conditions imposées à l’aéroport régional anversois par la ministre flamande de l’Environnement figure l'interdiction de vols de nuit de 23h à 7h du matin, à quelques exceptions près (comme les vols médico-sanitaires urgents et les vols en retard, jusqu'à maximum 0h30, avec un maximum de 30 par an), a précisé le cabinet de Zuhal Demir dans un communiqué. L'aéroport demandait de pouvoir rester ouvert de 6h30 à 23h, comme actuellement.
De nombreuses associations de riverains de l'aéroport national de Zaventem, tant néerlandophones que francophones, revendiquent depuis des années l'interdiction des vols de nuit à Brussels Airport, et l'extension de la plage de nuit actuellement limitée à 23h-6h. Pour l'aéroport de Deurne, la ministre flamande de l'Environnement a indiqué avoir délivré un nouveau permis d'environnement sur avis favorable soumis à conditions de la commission régionale flamande de l'Environnement. Ce permis qui pourrait encore être adapté à l'avenir prévoit, outre l'interdiction des vols de nuit, le respect de normes sonores, la construction d'un mur anti-bruit (à proximité de l’école primaire Het Land Van Nu) et le suivi strict d'un certain nombre d'objectifs fixés.
Toujours selon Zuhal Demir, cet aéroport centenaire a fait l'objet au cours des dernières années d'une opposition de riverains et d'organisations environnementales. Quelque 6.000 réclamations contre la demande de permis avaient ainsi été introduites. Celles-ci étaient relatives, notamment, aux nuisances et à la pollution sonore, de l'air, des sols, et à la mobilité. De nombreux opposants souhaitaient la fermeture pure et simple de cette infrastructure aéroportuaire.
Moins de bruit et de pollutions
Parmi les autres conditions prévues par le permis, le nombre annuel de mouvements aériens sera limité à 4.745 vols de ligne, 18.762 vols d'affaires, 16.000 vols d'entraînement et 7.112 autres vols, soit un total de 46.619 mouvements. Les vols d'entraînement seront interdits le samedi après 14h à partir de l'été 2025, en plus du dimanche comme actuellement.
Enfin, il est demandé de réduire concrètement les émissions de CO2 et d'interdire l'utilisation de mousse d'extinction contenant des PFAS ou des PFOS. L'utilisation de carburant au plomb sera progressivement abandonnée, prévoit encore le gouvernement flamand.
Des militants iront au Conseil du contentieux des permis
Les groupes d'action Vliegerplein et Velenging Nooit ont annoncé qu’ils entameront une procédure auprès du Conseil flamand du contentieux des permis en opposition à l'aéroport de Deurne. Bien que la ministre évoque des "conditions strictes" qui accompagnent le nouveau permis pour une durée indéterminée, les deux groupes d'action ne sont pas satisfaits. Vliegerplein et Verlenging Nooit se sentent toutefois renforcés par les milliers de réclamations et l'avis "conditionnellement favorable" de la Commission régionale flamande des permis d'environnement (GOVC). Une des conditions que la GOVC avait présenté était une décision concernant une route à Borsbeek (près de Deurne).
"La condition s'applique à une route que l'aéroport considère comme faisant partie de son terrain depuis son élargissement", indique Piet De Roeck de Vliegerplein. "Mais jusqu'à présent, la commune de Borsbeek n'a pris aucune décision favorable pour supprimer cette voie communale en tant que voie publique au profit de l'opérateur privé."
Les deux groupes ont toujours considéré l'élargissement de Deurne comme illégal, notamment en raison de la construction sur des terres agricoles. L'aéroport a été acquitté pour ce motif dans le passé, mais un appel est toujours en cours. "En ce qui concerne les infractions en matière de construction et d'environnement qui ont été verbalisées, c'est le procureur général lui-même qui a assigné l'aéroport", explique Piet De Roeck.

