Le traditionnel défilé militaire et civil de la Fête nationale s'est déroulé dimanche après-midi sur la Place des Palais, sous les yeux du roi Philippe et de la reine Mathilde, de leurs quatre enfants - la princesse Elisabeth portait l'uniforme militaire de la marine et son frère Gabriel celui de la composante terrestre, pour la première fois au défilé de la Fête nationale. Le prince Laurent (frère cadet du Roi), ainsi que les princesses Astrid et Delphine avec leurs époux respectifs, étaient aussi présents à la parade. Samedi, le roi Philippe avait prononcé son traditionnel discours de Fête nationale, axé notamment sur les élections et la coopération à divers niveaux.
Un défilé militaire et civil haut en couleurs pour célébrer le 21 juillet
Les avions de chasse de l'armée ont teinté le ciel nuageux des couleurs nationales (vidéo) pour ouvrir le défilé, comme le veut la tradition. Au total, quelque 26 avions ont paradé dans les airs lors de la cérémonie, qui a débuté à 16h sur la Place des Palais, et a duré plus d'une heure et demie.
Les nombreux citoyens rassemblés aux abords du Parc de Bruxelles ont pu observer les groupes de cadets, les orchestres militaires, les différentes composantes des forces armées ou encore les services civils. Le public a eu l'occasion de découvrir les différentes composantes de la Défense, dont les nouveaux véhicules militaires Jaguar, Griffon, Falcon et Caesar.
Cette année, les 25 ans de la coopération militaire entre la Belgique et le Bénin ont par ailleurs été célébrés. Un détachement mixte de militaires béninois et belges ont ainsi pris part à la parade. À l'occasion du 75e anniversaire de l'Otan, un détachement des 32 États membres, dont la Finlande et la Suède, a également marché dans les rues pavées du centre de Bruxelles.
De nombreuses personnalités politiques ont assisté au défilé, dont le premier Ministre Alexander De Croo, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder, le président du parti libéral francophone MR Georges-Louis Bouchez et le président des Engagés Maxime Prévot.
Le défilé militaire et civil a été clôturé par la Brabançonne, l’hymne national belge (vidéo ci-dessus).
Les élections et la coopération au centre du discours du Roi
Le roi Philippe a insisté samedi, dans son traditionnel discours à l'occasion de la Fête nationale, sur l'urgence budgétaire, après les crises successives auxquelles le pays a été confronté. A l’issue des élections du 9 juin, il a aussi constaté que les résultats permettent un rapprochement entre les différents partis politiques et le nord et le sud du pays. Le souverain estime qu’une collaboration est importante: "Il faut un projet qui rassemble et parle au cœur des gens". Mais des réformes sont aussi nécessaires, alors que "les 5 prochaines années seront déterminantes pour l’Europe et notre pays".
A l'heure de la recherche de coalitions au sein de plusieurs entités, le roi Philippe a appelé les partis à saisir l'opportunité des convergences existantes pour développer un projet cohérent pour le pays. "Alors que la démocratie est sous pression dans de nombreux pays, elle reste solide chez nous. Lors de mes entretiens avec les responsables politiques, je n'ai perçu ni amertume, ni triomphalisme, mais un esprit constructif et digne", s'est félicité le chef de l'Etat.
Autres temps électoraux, autres messages: Philippe a encouragé les efforts en direction d'"une économie qui consolide le positionnement de notre pays dans le monde", en protégeant l'outil de production, en renforçant la compétitivité et en développant nos pôles d'excellence, et en profitant du contexte européen en faveur d'une réindustrialisation.
Le Roi a également plaidé pour des synergies entre secteurs public et privé dans plusieurs domaines comme l'éducation, la recherche, le marché de l'emploi. Face à l'"indiscutable urgence budgétaire", Philippe pose deux balises: veiller à ce que les réformes s'effectuent "au bénéfice de la qualité de nos services publics (...) indispensables à la cohésion de notre société et la réputation de notre pays", et élaborer "un projet fédérateur qui parle au cœur des gens, et encourage l'entraide et l'engagement citoyen".
Le chef de l'Etat a enfin insisté sur la relance du projet fédérateur de l'Union européenne. Il a plus fondamentalement rappelé l'impact de cette instance supranationale sur la vie de ses 450 millions d'habitants, et en termes d'indépendance vis-à-vis de l'extérieur, sans oublier son rôle sur de multiples thèmes comme la lutte contre le changement climatique ou la perte de biodiversité, et en faveur de la paix.


