Jan Jambon (N-VA) a tenu mercredi son dernier discours de veille de 11 juillet, en tant que ministre président flamand, plaidant pour "un tournant confédéral" et un maximum de compétences aux mains des entités fédérées. Les compétences sont actuellement "trop éparpillées", estime-t-il, ce qui freine les entités fédérées dans leur gestion. "L'architecture de ce pays ne fonctionne pas", a estimé Jan Jambon.
Dans son discours du 11 juillet, Jan Jambon plaide pour un tournant confédéral avec un maximum de compétences aux Régions
Le ministre-président flamand sortant s'exprimait, à la veille de la fête de la Communauté flamande, au Groeningekouter à Courtrai (Flandre occidentale), « l’endroit où s'est déroulé un fait substantiellement important de notre histoire » (la bataille des Éperons d’or qui fut livrée sur le Groeningeveld près de Courtrai en 1302).
Jan Jambon s'est félicité de la forme "excellente" du nord du pays sur les plans économique et sociétal, visible à travers le taux d'emploi, la vivacité de l'innovation et des technologues, ou encore les investissements en recherche et développement. La Flandre "joue la Champions League dans de nombreux domaines", assure le poids lourd de la N-VA.
Le ministre président sortant a ainsi mis à l’honneur son propre gouvernement, en évoquant par exemple son taux d'emploi de 77 % et son investissement de 11,6 milliards d'euros (3,5 % du produit intérieur brut) dans la recherche et le développement.
La structure défaillante de l'Etat Belgique est responsable d'un "frein" dans les ambitions flamandes.
Jan Jambon
La structure défaillante de l'Etat Belgique est cependant responsable d'un certain "frein" dans les ambitions flamandes, assure Jan Jambon, citant la politique en matière d'emploi, de santé, la justice, le fiscal et l'énergie.
Le confédéralisme reste le rêve de la N-VA, dont le président Bart De Wever est désormais formateur au fédéral. Reste à voir dans quelle mesure le parti nationaliste flamand parviendra, dans ce rôle, à réaliser ses ambitions communautaires. "C'est à nous de convaincre les autres", observe Jan Jambon, qui n'oublie pas de flatter le sud du pays.
Avec les résultats électoraux inédits enregistrés en Wallonie (montée du MR et des Engagés), "je pense que les partis qui ont la main aujourd'hui peuvent prendre leur Région en main. C'est, je pense, une opportunité unique de réaliser une 'Wallonie prospère' (en français dans le texte, NDLR), à côté d'une Flandre prospère", indique-t-il, sans évoquer Bruxelles, la troisième Région.
Le problème de l’enseignement flamand
Certaines voix critiques soulignent cependant qu'une plus grande autonomie ne conduit pas nécessairement et directement à des résultats positifs. Par exemple, alors que les communautés sont responsables de l'enseignement, la Flandre est depuis longtemps confrontée à un problème de baisse de la qualité de l'enseignement et à une grave pénurie d'enseignants.
Jan Jambon reconnaît que l'enseignement flamand "n'a pas la vie facile". Mais selon lui, les choses sont en train de changer" et la pénurie d'enseignants est "vigoureusement prise en compte".
À propos de cette pénurie, Jan Jambon s'en prend également aux différents organismes de coordination de l'enseignement. Selon lui, ces "coupoles" devraient se demander comment il est possible qu'il y ait encore trop peu d'enseignants dans les classes, alors qu'il n'y a jamais eu autant de personnes travaillant pour l'enseignement qu'aujourd'hui ?"


