Aller au contenu principal
Les récifs d'huîtres placés en Mer du Nord devront en accroître la biodiversité

Projet-pilote en Mer du Nord : des bancs d'huîtres pour restaurer la biodiversité marine

Un projet pilote visant à rétablir à grande échelle des bancs d'huîtres plates dans la partie belge de la mer du Nord va être lancé prochainement, annonce le service Milieu marin du ministère de la Santé publique. Ce projet doit contribuer à restaurer la biodiversité marine.

Anne François Belga
Publié:

La restauration sera effectuée là où se trouvaient historiquement les bancs d'huîtres, c'est-à-dire sur ce que l'on appelle les bancs de gravier. Il y a 200 ans, les huîtres étaient encore omniprésentes en Mer du Nord, alors qu’elles en ont pratiquement disparu aujourd’hui. C'est l'Institut des sciences naturelles qui déterminera l'emplacement précis des récifs d'huîtres, au moyen d'une cartographie détaillé du fond marin.

Ce projet est décrit comme "particulièrement innovant". Ainsi, les larves d'huîtres pourront s'installer directement sur un substrat approprié à proximité de l'endroit où elles seront ensuite relâchées selon la technique de "mise en place à distance". Le récif d'huîtres fera l'objet d'un suivi intensif pendant plusieurs années jusqu'à ce qu'il devienne autonome, prospère et puisse soutenir les écosystèmes marins.

Les récifs d'huîtres, appelés "ingénieurs de l'écosystème", créent des habitats qui soutiennent des écosystèmes entiers. La plupart des bancs d'huîtres d'Europe ont cependant disparu à la fin du XIXe siècle, principalement en raison de la surpêche et des activités humaines perturbant les fonds marins. En outre, l'espèce a été contaminée par le parasite de l'huître Bonamia ostreae, importée de Californie en Europe vers 1979. Depuis, les huîtres plates européennes ont presque entièrement disparu en Belgique, aux Pays-Bas et en France à cause de ce parasite.

Un projet et une collaboration uniques

"L'huître européenne a toujours été une espèce phare de notre Mer du Nord", souligne Senne Aertbeliën du service Milieu marin. "Les bancs d'huîtres remplissent néanmoins des fonctions cruciales pour notre écosystème marin. Ils créent des haut lieux de biodiversité en fournissant de la nourriture et un abri à d'autres espèces. Ils jouent également un rôle dans le cycle du carbone et de l'azote et filtrent l'eau de mer. Le rétablissement actif de ces populations est donc une priorité pour nous. Le fait que nous puissions collaborer avec des scientifiques et des entreprises à cette échelle est unique."

Ce projet de restauration des huîtres plates en mer demande des "approches innovantes et créatives". La complexité du soutien logistique et la sensibilité des huîtres aux perturbations (lors de l'ensemencement, du transport et de l'installation en mer) nécessitent des connaissances couvrant différents domaines d'expertise. C'est pourquoi les mondes industriel et scientifique collaborent avec le gouvernement dans ce projet baptisé BELREEFS.

Le consortium BELREEFS est composé du groupe de construction maritime Jan De Nul, de l'Institut des sciences naturelles et des bureaux d'expertise en aquaculture Shells & Valves et en durabilité Mantis Consulting.

Une implantation en 3 phases

Pas destinées à la consommation

Le premier récif d’huîtres devrait être placé en Mer du Nord l’an prochain. Une fois que le lieu aura été choisi, les jeunes huîtres seront plantées en deux phases. La biodiversité gagnera du terrain dans une troisième phase.

Les huîtres ne seront cependant pas destinées à la consommation, mais à un accroissement de la biodiversité.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5