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Les agriculteurs sont passés à la culture de légumes et de plantes qui protègent les oiseaux des champs

Les agriculteurs flamands ont planté près de la moitié de blé d'hiver en moins, à cause de la pluie

Les agriculteurs ont dû ajuster quelque peu leurs cultures en raison des pluies qui sont tombées depuis l'automne dernier. Les ensemencements en blé d'hiver ont ainsi reculé de 43% en Flandre et d'environ 20% en Wallonie. Certains se tournent vers d'autres céréales, comme le maïs et le blé de printemps, ou vers les légumes comme les carottes, salsifis et oignons, pour compenser. C’est ce que révèle une première analyse effectuée par l'Agence flamande de l'agriculture. "Cela aura avant tout des conséquences pour l’alimentation des animaux".

Anne François Belga
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L’Agence flamande de l’agriculture observe une hausse de 14% des superficies consacrées aux légumes, avec les salsifis et les oignons en tête. Les pois et les carottes ont également le vent en poupe, soutenus par des conditions de prix favorables.

En Wallonie, le passage d'une culture à l'autre semble moins évident. Les agriculteurs établissent au préalable un schéma de leurs productions et bon nombre d'entre eux avaient donc déjà des surfaces consacrées aux légumes, explique-t-on au Collège des producteurs. Les agriculteurs ont bien cherché à compenser la baisse de 20% des semis de blé d'hiver. Le blé de printemps a été envisagé mais son rendement est moindre.

En outre, les conditions météorologiques ne se sont pas améliorées et, pour certains, l'accès aux terres était de moins en moins évident, les parcelles restant fort abîmées, explique Julien Beuve-Méry, chargé de mission pour le secteur des grandes cultures au Collège des producteurs.

Au mauvais temps s'ajoutent d'autres éléments qui ne jouent pas en faveur des agriculteurs, comme les limaces qui ont endommagé les betteraves, les corneilles, et des maladies générées par la météo pluvieuse. L'impact de ces nombreuses précipitations est "potentiellement très lourd" pour le secteur agricole, commentait jeudi le Boerenbond.

Compte tenu de cette humidité, bon nombre de cultures n'ont pu être semées ou plantées que tardivement, ce qui pèsera sur la récolte future. "Les agriculteurs et horticulteurs risquent de ne pas pouvoir honorer leurs contrats auprès de leurs acheteurs. De plus, les stocks d'alimentation pour l'automne sont compromis, ce qui contraindra les fermiers à acheter d'autres sources d'alimentation", notamment pour leurs animaux.

Le Collège des producteurs rappelle de son côté que la situation diffère fort d'une ferme à l'autre, avec parfois des phénomènes orageux locaux qui touchent une région mais en épargne une autre.

Protéger les oiseaux des champs

Pour les oiseaux des champs, qui ont la vie dure depuis longtemps en Flandre, il y a une bonne nouvelle. "Nous constatons que trois fois plus de mélanges pour la faune qui sont respectueux de la biodiversité ont été semés ces derniers mois. Il s’agit de plantes qui ne sont pas récoltées mais qui apportent de la nourriture et une protection aux oiseaux des champs en hiver", explique Bart Merckaert de l’Agence flamande de l’agriculture.

"Comme il faisait trop humide pour planter au printemps des graines d’été, beaucoup d’agriculteurs ont adapté leur plan de culture. Certains ont opté pour des mélanges pour la faune, parce qu’ils obtiennent des subsides des autorités. Mais malgré une production triplée, il s’agit encore toujours de petites quantités".

Alouette des champs

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