Le chanteur, musicien, peintre, sculpteur et écrivain flamand Willem Vermandere vient d’annoncer ce vendredi sa décision de ne plus se produire sur scène, après 54 ans de carrière. Les prestations prévues pour les prochains mois seront annulées. Les tournées de concerts et festivals lui sont devenus trop lourds à effectuer, précise son management.
A 84 ans, Willem Vermandere décide de ne plus monter sur scène et suspend ses concerts
La tournée que le chanteur originaire de Menin devait entamer à travers la Flandre et les Pays-Bas allait être trop lourde à assumer, déclarait l'artiste ce vendredi. Le chanteur explique qu'il s'agit d'une "décision soudaine", douloureuse non seulement pour lui-même "mais aussi pour ses amis, son entourage et ses fans".
Willem Vermandere a fait connaître sa décision par la voix de son management et ne souhaite pas faire plus de commentaires ou donner d'interviews. Il continuera toutefois à faire de la musique. Son dernier concert s'est déroulé le 23 juin dernier au Kursaal d'Ostende, devant une salle comble.
Vermandere suspend ainsi notamment son concert au Festival de Dranouter le 3 août, celui au Festival de la chanson au Kursaal d’Ostende le 14 septembre, et ceux à Oostburg (27/10), Oostkamp (30/11), Oostrozebeke (22/12) et Bree (1er mars 2025). "Les choses se préparaient déjà depuis un certain temps", confiait Bart Caron, qui joue depuis près de 30 ans avec Vermandere. "Willem a presque 85 ans et vieillit. Il souffre au dos et à l’ouïe, parfois il hésite dans ses textes. Jouer un instrument est aussi devenu plus difficile pour lui".
Caron précise que Vermandere reste créatif ("les artistes ne prennent jamais leur pension") et qu’il a encore une foule d’idées musicales. Pour son public flamand, il restera l’icône du "kleinkust" (des textes en néerlandais, souvent teintés de dialecte, avec un accompagnement musical simple et le plus souvent acoustique).
Un chanteur et artiste du Westhoek
Willem Vermandere, dont les yeux pétillent d’humour et les propos reflètent une profonde sagesse, a passé 54 ans sur les scènes de Flandre et des Pays-Bas, mais aussi en France (où on lui a souvent conseillé de chanter plutôt en français, racontait-il à la VRT en 2000). En 1968, après avoir passé quelques années dans un couvent et été enseignant, il sortait un disque intitulé "Chansons du Westhoek", à l’époque du folk.
Il fit ensuite le tour des scènes de Flandre et des Pays-Bas avec son groupe de musiciens : Freddy Desmedt (clarinette, saxophone et harmonica), Pol Depoorter (guitare et mandoline) et Bart Caron (contrebasse). Les concerts étaient une alternance de chansons et d’histoires, souvent du terroir. Il y était question des traces laissées par la guerre dans le Westhoek, des soldats tombés au combat, de la vie quotidienne et de la solidarité. Vermandere chantait la plupart du temps dans un dialecte de Flandre occidentale. Au total, il aura sorti 30 disques.
“Sa palette sonore est unique", précise Bart Caron, son contrebassiste. "Il ne s’est jamais soucié des modes et des évolutions dans le monde musical, et pourtant ses compositions sont restées actuelles. Elles ont une valeur universelle. Lorsqu’il chante aujourd’hui “Duizend soldaten" (‘Mille soldats’ en français), il n’évoque pas que la Grande Guerre dans le Westhoek, mais aussi les conflits à Gaza et en Ukraine".


