Une vingtaine de baigneurs barbotaient à Anderlecht dans la piscine à ciel ouvert Flow, dont la saison estivale a débuté ce lundi vers midi...sous un ciel couvert et un peu moins de 20°C. "Le premier jour, il fait toujours gris", souriait Paul Steinbrück, cofondateur de l'ASBL Pool is Cool, à l'initiative du projet. Située le long du canal dans la commune d’Anderlecht, l'infrastructure - unique à Bruxelles - entame sa quatrième année avec en prime un sauna, baptisé Flow Chaud! Ce dernier restera ouvert aussi à l’automne et en hiver puisque Flow prolongera dorénavant sa saison toute l’année.
Flow, l'unique piscine en plein air de Bruxelles, propose aussi un sauna cet été
Un sauna en juillet? "L'été en Belgique, ce n'est pas toujours 30°C", plaisante Paul Steinbrück. "L'idée, c'est que le sauna reste accessible toute l'année" puisque la piscine accueille des baignades en automne et en hiver tous les dimanches matins. Entre 60 et 200 téméraires s'y étaient risqués, ce lundi, dans une eau à 5°C.
Chaque édition est ponctuée d'une nouveauté. Créée en 2021, la piscine s'est vue agrémentée d'une buvette, baptisée "kiosque", en 2022. Depuis l'an dernier, des plantes et des micro-organismes purifient l'eau de baignade. Ce traitement biologique rend l'utilisation du chlore inutile. "Nous voulons montrer qu'une piscine peut être écologique (sans produits chimiques) et moins coûteuse, car ce système de pompe est moins cher", commente le Bruxellois Paul Steinbrück, architecte de formation.
Le mécanisme avait toutefois connu un petit pépin en début de saison dernière. La bactérie "pseudomonas aeruginosa" était présente en trop grande quantité dans le bassin, ce qui avait entraîné la fermeture de la piscine le 7 juillet. Le problème émanait des tuyaux recyclés, qui étaient contaminés, explique le cofondateur de Pool is Cool. "Nous avons alors changé toute la tuyauterie et pu rouvrir le 19 août", retrace cet habitant néerlandophone de Saint-Josse. L'épisode appartient donc au passé.
Le filtrage "est peut-être nouveau à Bruxelles, mais pas à l'international. Nous voulions l'installer dès le début de Flow mais la législation régionale ne le permettait pas encore", se souvient Paul Steinbrück, penché au-dessus des trois conteneurs où plantes aquatiques et graviers épurent l'eau du bassin. L'aspect écologique de Flow se retrouve d'ailleurs aussi dans la gestion du sauna. Réalisé en collaboration avec des étudiants en architecture de l'UCLouvain, il est chauffé à l'électricité verte, produite par une centrale hydroélectrique wallonne.
"Nous voulions éviter d'émettre des particules fines", souligne Paul Steinbrück. Pour cette nouvelle saison estivale, le sauna ouvrira ses portes les mardis, jeudis, vendredis et samedis. Il alternera ainsi avec les séances d'aquagym, prévues le mercredi soir. La piscine, elle, reste accessible quotidiennement de 12h15 à 18h ou 19h en fonction des jours. La réservation est conseillée, mais il est également possible d'acheter son entrée sur place. Les prix varient entre 1 euro et 3,5 euros pour 45 minutes de baignade, 10 euros pour une séance d'aquagym. Pour 80 minutes de sauna, comptez entre 9 et 14 euros.
Soutien des Régions flamande et bruxelloise
La terrasse autour de l'infrastructure reste, elle, accessible aussi longtemps que désiré, avant ou après le créneau réservé. "Ce n'est pas rentable", reconnaît Paul Steinbrück, "mais ce n'est pas le but". Le cofondateur de Flow voit la piscine en plein air comme une bibliothèque ou tout autre service au citoyen. Le projet est largement subsidié par la Région bruxelloise et la Flandre.
"C'est une sorte de test pour montrer que c'est possible" mais Flow ne comblera pas le manque structurel de piscines publiques dans la capitale, ajoute son cofondateur. "Le projet était prévu pour trois ans. Nous entamons la quatrième année" mais l'infrastructure ne sera pas éternelle.
L'été dernier, Flow avait attiré près de 20.000 personnes. "Des Bruxellois venus de toutes les communes, des Flamands de la périphérie et des touristes", selon Steinbrück, satisfait de l'ancrage local du projet. "Les habitants du quartier viennent plutôt l'après-midi, les Bruxellois et les touristes plutôt en soirée."
