"Stuyvenberg" est l’un des derniers arrêts sur la ligne de métro 6 à Bruxelles. Beaucoup de voyageurs sont surpris de découvrir, quand ils descendent du métro à cette station, 25 statues qui semblent les dévisager. Certains reconnaissent rapidement des membres de la famille royale dans ce groupe. Mais l’homme au costume noir serait-il le physicien Albert Einstein ? Vous avez vu juste.
Pourquoi y a-t-il une statue d'Albert Einstein dans la station de métro Stuyvenberg à Bruxelles ?
Dans sa rubrique "Big City", l’hebdomadaire bruxellois BRUZZ - destiné aux Bruxellois néerlandophones (ou lisant le néerlandais) - publie chaque semaine une réponse à une question intéressante d’un lecteur sur la capitale.
Dès que l’on commence à entrevoir le lien entre tous les personnages du groupe de statues, les choses se clarifient. La station de métro tient son nom du château du Stuyvenberg qui se trouve à un jet de pierres : propriété de la Donation royale, il a été mis à la disposition de la famille royale belge et a aussi logé des personnalités étrangères de passage en Belgique. Situé au nord de Bruxelles, près du château de Laeken et du château du Belvédère, il fut la demeure où le roi Léopold Ier cacha une maîtresse, où Léopold II devint père de Joséphine Charlotte, Baudouin et Albert, et où la reine Fabiola vécut à la fin de sa vie.
La reine Elisabeth vécut également au château du Stuyvenberg, après le décès de son mari Albert Ier, mort dans un accident d'escalade à Marche-les-Dames le 17 février 1934. La reine y habita jusqu’à sa mort en, 1965, à l’âge de 89 ans.
Elisabeth était passionnée par les sciences, la mode, les arts et la musique. Elle ne manquait jamais de passer par son atelier lorsqu’elle faisait un tour des serres royales à Laeken. Il est encore toujours conservé dans le parc du château de Laeken, demeure de l’actuel roi Philippe et sa famille.
La reine Elisabeth adorait aussi la musique. Elle jouait elle-même du violon et comptait parmi ses bons amis le violoniste et compositeur liégeois Eugène Ysaÿe (1858-1931). C’est en son hommage que la reine Elisabeth fonda en 1937 un Concours de violon qui portait le nom de l’artiste. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut relancé en 1951 sous le nom de Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique, en hommage à la souveraine.
Des amitiés spéciales
La station de métro Stuyvenberg rend également hommage à la reine Elisabeth par le biais de ces 25 statues, réalisées en 1985 par le sculpteur et artiste Yves Bosquet, aujourd’hui âgé de 85 ans. Il y représenta la reine mais aussi des personnes qu’elle aimait particulièrement.
Le voyageur y découvre ainsi une statue d’Elisabeth au balcon de la loge royale au Conservatoire de musique de Bruxelles, une autre où elle porte une robe de gala, mais aussi la reine aux côtés de son mari le roi Albert Ier. Son fils Léopold et son épouse Astrid sont également représentés, tout comme leurs enfants Baudouin et Albert II. A noter que pour réaliser tous ces portraits, Yves Bosquet se basa sur des photos existantes.
L’attention de la plupart des voyageurs qui descendent à la station Stuyvenberg est attirée par un groupe de 15 statues, représentant Elisabeth entourée de ses enfants Marie José et Charles, mais aussi de personnes avec lesquelles elle entretenait une amitié particulière. Comme le violoniste et compositeur liégeois Eugène Ysaÿe (photo), que l’on voit à l’extrémité gauche du groupe, tenant un violon.
Jules Bordet (1870-1961), immunologiste et microbiologiste, qui reçut le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1919 est également représenté dans le groupe, tout comme le poète Emile Verhaeren (1855-1916), et le docteur de la Reine, Antoine Depage et sa fille. Le sculpteur Yves Bosquet a également représenté ses grands-pères dans le groupe, dont Emile Bosquet qui fut le professeur de piano de la princesse Marie José.
La statue la plus inattendue est sans doute celle du physicien Albert Einstein (1879-1955). La reine Elisabeth le rencontra pour la première fois à la conférence Solvay à Bruxelles et ils devinrent amis (photo). Einstein rendit régulièrement visite à la Reine et ils s’écrivaient des lettres. Ce Prix Nobel de physique (1921), génie quelque peu excentrique, ne pouvait donc être oublié par Yves Bosquet dans sa galerie de portraits. Quand vous descendrez à la station de métro Stuyvenberg, en direction du terminus Elisabeth, n’oubliez pas de leur adresser un regard !
