L’immense centre de créativité C-mine - aménagé au début des années 2000 par la ville limbourgeoise de Genk sur les terrains et une partie conservée des anciens bâtiments du complexe charbonnier de Winterslag, fermé depuis mars 1988 après plus de 70 ans d’exploitation - accueille jusqu’au 15 septembre un nouveau parcours d’art baptisé "Any way the wind blows" . Ce qui se traduit en français par "Peu importe où le vent souffle" rassemble des œuvres ludiques et colorées, petites et géantes d’une quarantaine d’artistes belges et étrangers qui ont pour thème "l’air".
Œuvres gonflables géantes et petits avions de papier au C-mine de Genk : "Nous prenons les jeux très au sérieux"
Machines à vent, cerfs-volants et avions, structures gonflables sur lesquelles on peut, ou pas, sauter : l’imagination a reçu carte blanche cet été au centre de créativité C-mine à Genk. On y découvre une foule d’œuvres d’art dans de nombreux espaces monumentaux de l’ancien complexe minier, jusque sur le toit.
"Nous sommes fascinés par quelque chose qui est intangible et invisible, et qui en même temps inspire tant d’artistes, d’architectes, de créateurs et de réalisateurs contemporains et du passé", explique Louise Osieka, directrice du C-mine. Songez à Léonard de Vinci (1452-1519) avec ses inventions "volantes" innovantes ou aux engins "volants" un peu fous de l’artiste et inventeur anversois Panamarenko (1940-2019).
C-mine a rassemblé et partiellement commandé des œuvres auprès de plus de 40 artistes contemporains, "tant des artistes internationaux qui ont déjà exposé à la Biennale de Venise que des artistes de la cité de Genk", souligne le curateur Laurens Mariën.
Un carrousel à vent du Bruxellois Haseeb Ahmed vous permet de sentir et d’entendre le mistral ou le sirocco, à l’aide d’éoliphones, des machines qui permettent de reproduire le son du vent par frottement d’un tissu sur des lattes de bois. Elles étaient utilisées dès le 17e siècle au théâtre et à l’opéra pour imiter le son du vent.
L’artiste anversois Dennis Tyfus joue avec le vent et a installé 13 "skydancers" sur le toit du C-mine (voir ci-dessus). Ces longues figures gonflables en forme de tube rappellent celles qui attirent l’attention devant certaines stations-service. Tyfus leur a donné un visage et le t-shirt de leur groupe préféré. "Tyfus connait bien le monde de la musique bruitiste. Le bruit que l’on entend sur la bande-son est celui d’un grand mosh pit", explique Laurens Mariën.
Une bulle d’air qui respire
Les constructions du duo berlinois Plastique Fantastique, remplies d’air, sont impressionnantes. Elles sont parfaitement adaptées aux anciens bâtiments miniers. Une bulle d’air géante monte et descend ainsi de façon organique, comme une gigantesque machine qui respire.
Voler, c’est aussi jouer avec l’air. Pas moins de 31 artistes invités ont réalisé leur version d’un engin volant, parfois réellement prêt à voler, parfois uniquement poétique. On les découvre au fil de la visite au C-mine. "Let’s go fly kite" (‘Allons faire voler le cerf-volant’) est une initiative de l’Anversoise Winnie Claessens. Le 21 septembre, lorsque l’exposition aura fermé ses portes, les cerfs-volants seront réellement lâchés dans le ciel.
Les petits avions de papier sont encore plus simples que les cerfs-volants. Dans la salle de théâtre du C-mine, petits et grands visiteurs sont invités à plier un petit avion aérodynamique et à tenter de le faire voler en direction d’œuvres d’art exposées. Ou, qui sait, peut-être même jusque sur la scène du théâtre où sont installés trois châteaux gonflables artistiques. L’un d’eux est un haut totem noir de l’artiste belge Sharon Van Overmeiren. Elle est surtout connue pour ses sculptures fictionnelles en céramique, exposées notamment au Steen à Anvers ou lors du festival d’arts et de musique Horst à Vilvorde.
Nous voulons cultiver le jeu en tant que mentalité, au quotidien
Louise Osieka, directrice du C-mine
"Any way the wind blows" au C-mine permet de sauter, lancer et jouer, quel que soit votre âge. "Nous prenons les jeux très au sérieux”, sourit Louise Osieka, la directrice des lieux. "Jouer n’est pas réservé aux enfants, ou occasionnellement un dimanche après-midi. Nous voulons au contraire cultiver le jeu en tant que mentalité". L’exposition au C-mine invite les visiteurs à jouer et "observer ce que cela suscite en vous. Parce que jouer vous fait quelque chose", conclut Louise Osieka.
L’exposition "Any way the wind blows" est à voir jusqu’au 15 septembre au C-mine à Genk (Limbourg).
La visite permet aussi de découvrir l’exposition de photos "As it (n)ever was " d’Athos Burez. Cet artiste anversois s’inspire de 1.500 vieilles cartes postales idylliques de Genk pour créer un 'Hôtel des Artistes' grandeur nature. Un monde au décor plein de fantaisie qui allie réalité et fiction.

