Aller au contenu principal

Le ministre Vandenbroucke prolonge les restrictions de vente de l'Ozempic jusque février 2025

Le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke a décidé de prolonger les mesures visant à réserver en Belgique le médicament Ozempic aux patients atteints de diabète de type 2 et d'obésité sévère. La disponibilité réduite de ce médicament - aussi prescrit comme remède "miracle" aux personnes qui veulent perdre du poids - devrait en effet durer encore jusqu’en février.

Anne François Belga
Publié:

La mesure, qui se base sur une recommandation du groupe de travail de l'Agence fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS), est en vigueur depuis l'automne dernier déjà. L'Ozempic a connu en 2023 un énorme succès commercial mondial auprès des personnes en surpoids vu ses effets amaigrissants. Ce qui met parfois en péril la disponibilité du médicament pour les patients plus sévères. A savoir ceux souffrant de diabète de type 2 ou d’obésité sévère.

"En période de pénurie, il est de ma responsabilité de faire en sorte que les personnes qui ont le plus besoin de ce médicament y aient effectivement accès", a commenté le ministre fédéral de la Santé publique. La mesure sera réévaluée en novembre prochain.

Ozempic utilisé par un patient atteint de diabète de type 2

Pénurie jusqu’en février 2025

En 2023, près de 3.600 notifications d'indisponibilité temporaire de médicaments ont été introduites et 1,14 % de ces indisponibilités étaient catégorisées comme critiques, indique le rapport annuel de l'AFMPS, publié lundi. C'est le cas de l'Ozempic, produit par Novo Nordisk, pour lequel la demande a explosé en 2023 et de 33 autres médicaments.

"L'indisponibilité des médicaments est un problème qui concerne chaque année de nombreux patients", pointe l'AFMPS. "Cette problématique figure dès lors en haut des priorités, tant au niveau national qu'aux niveaux européen et international. Ces dernières années, l'Agence s'est investie dans une approche multiple de l'indisponibilité des médicaments, tant par des actions pratiques sur le terrain que par des initiatives législatives."

La nécessité de telles mesures a été démontrée lors d'une récente pénurie de thrombolytiques, des médicaments qui dissolvent les caillots sanguins et sont par exemple utilisés en cas de crise cardiaque, d'embolie pulmonaire, d'AVC ou de thrombose. "Fin 2021, un problème de qualité s'est posé avec un thrombolytique largement utilisé en Belgique, ce qui a entraîné une pénurie aiguë de ce médicament dans le pays", rappelle l'AFMPS. Deux médicaments alternatifs n'ont pas pu apporter de solution à l'époque, en raison d'un problème de capacité mondiale pour ces médicaments. Et la Belgique n'a plus répondu qu'à environ 50% des besoins en thrombolytiques à ce moment-là.

D'autres pays étant également confrontés à des problèmes d'approvisionnement en thrombolytiques, aucun stock n'a pu être importé de l'étranger dans un premier temps. L'AFMPS a donc mis en place une distribution contrôlée de ces médicaments, en attribuant aux hôpitaux un quota mensuel basé sur leur consommation historique. "La situation était très inconfortable pour les hôpitaux, car la consommation de thrombolytiques peut fluctuer d'un mois à l'autre. Mais de cette manière, nous avons pu éviter une rupture de stock totale. Et, en ce moment, la Belgique dispose d'un stock stratégique du thrombolytique indisponible", conclut l'Agence.

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5