Les 27 Etats membres de l'UE ont formellement validé lundi le 14e paquet de sanctions envers la Russie, annoncé la semaine dernière au moment de l'accord politique. Principale nouveauté de cette nouvelle salve: on touche au gaz naturel liquéfié (GNL) provenant de Russie. Ce produit constitue une part importante des chargements des méthaniers qui transitent par le porte de Zeebrugge.
Nouvelles sanctions contre la Russie : le transit du GNL via le port de Zeebrugge désormais interdit
Les nouvelles sanctions prévoient une interdiction d'utiliser les ports européens pour le transbordement ou le rechargement de GNL russe en vue de l'exporter vers des pays tiers, que ce soit par mer ou par voie terrestre. Cette mesure fera effet après une période de transition de 9 mois. L'interdiction ne touche pas aux importations européennes, mais bien uniquement au gaz liquéfié qui vient de Russie et est destiné à des pays tiers. Les "réexportations" via l'UE, donc.
Au niveau des importations européenne, une interdiction est tout de même introduite pour les terminaux gaziers sur le sol de l'UE qui ne sont pas connectés au réseau de transport de gaz naturel.
Parallèlement, il sera interdit de faire de nouveaux investissements depuis l'UE ou de fournir des biens, services et technologies pour des projets russes d'exploitation de GNL qui sont en cours de réalisation, "comme Arctic LNG 2 et Murmansk LNG", précise la communication du Conseil de l'UE.
Pour la première fois, l'Union vise également dans ses sanctions 27 navires spécifiques, considérés comme "contribuant à l'effort de guerre russe contre l'Ukraine". Ils servent à transporter des armes, à transborder du gaz liquéfié russe, ou encore à véhiculer des récoltes céréalières volées en Ukraine, soutient l'UE. Les ports européens ne pourront plus les accueillir, et les services à ces navires sont également prohibés.
La liste des personnes et entités visées par des sanctions individuelles est élargie, avec 69 individus et 47 entités supplémentaires. Ces sanctions sont désormais bien connues: interdiction d'entrée dans l'UE, gel des avoirs sur sol européen, interdiction de bénéficier de financement depuis l'UE.
Les sanctions financières sont également renforcées, avec une interdiction pour les entités européennes (banques) d'utiliser le système de messagerie financière SPFS, créé par la Russie pour neutraliser les précédentes mesures dans ce domaine.
La moitié du gaz naturel qui arrive à Zeebrugge par la mer vient de Russie
Zeebrugge, une des plaques tournantes européennes pour le commerce mondial de GNL russe, devrait selon toute logique être touchée par la nouvelle salve de sanctions européennes, formellement adoptées lundi à l'encontre de la Russie. L'impact précis pour Fluxys, opérateur du terminal de Zeebrugge, n'est cependant pas encore clair. La société n'était pas joignable lundi pour donner des explications.
Sur les six derniers mois, plus de la moitié (53%) du GNL arrivé à Zeebrugge par méthanier provenait de Russie, un producteur majeur de gaz naturel liquéfié à l'échelle mondiale. Souvent, ce GNL arrive en Belgique à bord de méthaniers brise-glaces. A Zeebrugge, le GNL peut être transféré vers d'autres navires (transbordement), stocké temporairement pour rechargement ultérieur, chargé sur des camions ou encore regazéifié pour être injecté dans le réseau de transport. Une partie importante du GNL russe (36%) qui y arrive repart en fait immédiatement, par bateau ou par camion, vers d'autres destinations.
Fluxys est liée pour ces services par un contrat à long terme avec la société russe Yamal, signé en 2015. Ces contrats à long terme ne peuvent pas être simplement résiliés, a-t-on plusieurs fois pointé ces derniers mois. En mai, la ministre de l'Energie Tinne Van der Straeten avait maintenu qu'il fallait que Zeebrugge cesse d'être une plaque tournante pour le GNL russe. "Si la force majeure est invoquée pour mettre un terme au contrat, les slots d'approvisionnement de Zeebrugge pourraient être libérés pour importer du GNL des Etats-Unis", avait indiqué l'écologiste. Elle avait précisé que le gouvernement d'Alexander De Croo était d'accord pour aller dans cette direction, avec parallèlement une augmentation de l'aide humanitaire et l'envoi de F-16 à l'Ukraine. "Sinon l'aide ne sert à rien."
Les sanctions adoptées lundi par le 27, concernant le GNL russe, entreront en vigueur après une période de transition de 9 mois. Elles prévoient l'interdiction du transbordement et rechargement de GNL russe dans les ports européens, si le gaz est destiné à un marché tiers.
