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Mauvais résultats en français pour les candidats-enseignants en Flandre

Les jeunes flamands qui souhaitent entamer une formation d'enseignant obtiennent de mauvais résultats aux tests qu'ils doivent passer en français. Leurs taux de réussite en mathématiques sont également faibles, indique lundi Marc Vandewalle, président du Conseil flamand des hautes écoles.

Eric Steffens Belga
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Depuis plusieurs années, les jeunes qui souhaitent entamer une formation d'enseignant doivent passer un test de départ non contraignant, qui donne un aperçu de leur niveau dans certains domaines. Ceux qui souhaitent devenir professeurs dans l'enseignement secondaire doivent passer un test en néerlandais, auquel s'ajoutent le français et les mathématiques pour l'enseignement primaire.

Le test en néerlandais a affiché un taux de réussite de 80% l'an dernier. Celui de mathématiques a été réussi par 63% des candidats. En ce qui concerne l'examen en français, 40% des personnes ont passé avec succès le test de compréhension orale. Le taux de réussite chute à 15% pour la compréhension écrite et à à peine 5% pour la grammaire. Ces chiffres sont en légère baisse sur une période de dix ans.

"Ces résultats ne sont pas bons, mais ils ne nous surprennent pas", analyse Marc Vandewalle, par ailleurs directeur général de la haute école UCLL. "Ils sont conformes aux attentes : nous savons que les résultats de l'enquête PISA sont en baisse et que la pénurie d'enseignants est un problème. Nous travaillons d'arrache-pied pour combler le fossé et former des enseignants compétents."

Professeurs de français distincts

A ses yeux, il serait bon de réfléchir à des professeurs de français distincts dans l'enseignement primaire, à l'image de ce qu'il existe déjà avec ceux d'éducation physique. "Le français n'entre en ligne de compte que dans les classes supérieures en primaire (4e, 5e et 6e, NDLR): il est peut-être dépassé de demander à chaque enseignant de primaire d'être également un professeur de français", explique-t-il. "Mais, et je l'admets, nous risquons alors de nous heurter à la pénurie de professeurs de français."

Depuis cette année scolaire 2023-2024, la remédiation est obligatoire pour les candidats-enseignants ayant eu des résultats insuffisants en néerlandais. À partir de septembre prochain, il en ira de même pour le français et les mathématiques.  

Appel à ne plus rendre le français obligatoire pour les candidats-enseignants

Des professeurs de français d'une haute école anversoise appellent lundi à ne plus rendre obligatoire cette langue dans la formation des futurs enseignants en primaire en Flandre. Cette obligation est l'une des raisons pour lesquelles la pénurie d'enseignants en primaire reste si aiguë au nord du pays, estiment-ils. "D'innombrables étudiants qui pourraient parfaitement commencer à enseigner dans les quatre premières années de l'enseignement primaire verront leur carrière de professeur s'éloigner tant que le français ne deviendra pas une matière à option", regrettent Aline Deforche et Annelies Magerman, qui enseignent toutes deux la langue de Molière à la haute école Karel de Grote (Charlemagne) d'Anvers. Dans la plupart des écoles, le français n'est en effet enseigné qu'en cinquième et sixième années.

"Nous ne pouvons pas nier que de moins en moins d'étudiants réussissent en français en raison de connaissances préalables insuffisantes", reconnait Annelies Magerman, maître de conférences. "Les résultats du test d'entrée nous montrent année après année la spirale descendante dans laquelle la connaissance de cette langue est tombée. En conséquence, beaucoup n'obtiennent pas le certificat d'aptitude à l'enseignement et cela est problématique pour nos écoles primaires, surtout en période de pénurie d'enseignants."

Faire du français une matière à option dans la formation des enseignants est une solution envisageable, estiment les deux professeures. "Car en attendant, nous constatons avec tristesse que des futurs enseignants enthousiastes sont freinés par le fossé insurmontable que représente le français, alors que cette matière n'est pas abordée dans les quatre premières années d'enseignement de la plupart des écoles primaires", pointe Annelies Magerman.

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