Le formateur du futur gouvernement flamand, Matthias Diependaele (N-VA), a donné ce vendredi à la Place des Martyrs le coup d'envoi des négociations entre son parti, les chrétiens-démocrates du CD&V et les socialistes de Vooruit en vue de la formation d’une coalition dans le nord du pays. Les principaux négociateurs des trois partis se sont penchés sur la situation budgétaire actuelle, autour d'un plat de carbonades avec des frites. Un clin d'œil culinaire à ce qui était par le passé une tradition pour l'examen du budget. La réunion a duré environ deux heures.
Les négociations pour la formation d'un gouvernement flamand ont pris leur envol, avec le budget et des carbonades-frites
Des groupes thématiques aborderont le vif du sujet la semaine prochaine. Ce vendredi, le but était de prendre conscience des contours budgétaires dont devra tenir compte le futur gouvernement, sur base d'un exposé de Koen Algoed, secrétaire-général du département Finances et Budget de l'Autorité flamande.
Selon le formateur Matthias Diependaele, il s'agissait d'une "réunion d'information" destinée à parcourir le cadre budgétaire dans lequel il faudra naviguer ces prochaines années. Il n'est donc pas encore temps d'avancer les ambitions de chacun sur le contenu, ou de définir une trajectoire.
On connait les divergences des potentiels partenaires en la matière: Vooruit et le CD&V ont déjà répété qu'ils exigeraient des investissements dans le bien-être, l'enseignement et les transports publics, la N-VA prenant plutôt le rôle de garante de l'orthodoxie budgétaire. Une question importante sera celle de la gestion de la dette. Les crises se sont succédées, forçant la Flandre à emprunter davantage. La charge de cette dette approche doucement du milliard d’euros.
D’après la Cour des comptes, le taux d'endettement de la Flandre pourrait atteindre 77% l'an prochain, un ratio bien au-delà de la cible des 65%. Les années suivantes, le ratio gonflerait encore, pour atteindre 85%. Si le menu réservait ce vendredi aux négociateurs des carbonades et frites, ce n'est pas seulement un clin d'œil à une tradition instaurée et suivie par les ex-ministres Dirk Van Mechelen (Open VLD) et Philippe Muyters (N-VA), mais aussi une manière de rappeler une certaine "sobriété" flamande, bienvenue en matière budgétaire.
Les socialistes de Vooruit étaient représentés par leur présidente Melissa Depraetere, l’ex-président Conner Rousseau et la ministre sortante à la Coopération au développement Caroline Gennez. Les chrétiens-démocrates du CD&V étaient représentés par leur président Sammy Mahdi et les ministres flamands sortants Hilde Crevits et Jo Brouns. Quant à Matthias Diependaele, il avait rassemblé autour de lui les ministres flamands sortants Ben Weyts et Zuhal Demir, ainsi que l’échevine du port anversois Annick De Ridder.
A l'issue de la réunion, Matthias Diependaele a qualifié les premières discussions de "très constructives".

